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Publié le vendredi 25 septembre 2026
Recoller les fragments de l’humanité
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Recoller les fragments de l’humanité

Universal Humanity

Recoller les fragments de l’humanité

Depuis quelques années, une série de portraits en noir et blanc se sont affichés sur les murs de Luxembourg et de nombreuses villes à travers le monde. Sur chaque photo, le modèle couvre l’un de ses yeux avec une carte représentant un œil. Ces visages sont ceux d’anonymes, de célébrités, d’enfants, de réfugiés… Ils représentent l’humanité, la foule que l’on croise tous les jours, ceux que l’on vénère et ceux que l’on préfère oublier. Derrière ces portraits, Thomas Iser porte son regard d’artiste sur les êtres humains, sur ce qui nous construit, ce qui nous détruit et ce qui nous relie. Le projet « Universal Humanity » a débuté en 2016 et est toujours en cours.

L’art du kintsugi

Au centre de sa démarche se trouve le kintsugi, la méthode japonaise de réparation de céramiques brisées au moyen de joints dorés. D’un point de vue philosophique, la blessure et la réparation font toutes deux partie de la vie de l’objet. Les lésions de la vie nous font évoluer pour devenir des êtres différents et meilleurs.

« Universal Humanity n’est pas seulement un projet de portraits : c’est un miroir tendu à l’âme fragmentée de notre monde. »

Thomas Iser incarne ce concept en peignant son corps en noir avec des fissures dorées. Sur les portraits d’Universal Humanity, c’est son regard que l’on voit sur la carte que tiennent les modèles, un regard d’artiste qui fait le constat que cette humanité est blessée. Mais ce regard apporte un espoir, fait un geste de réparation.

La force de la masse

Ce mouvement existe à la fois en ligne et dans l’espace public. Près de 10 000 personnes sont passées derrière l’appareil photo de Thomas Iser, autant de fragments de l’humanité qui tissent la tapisserie humaine. Chaque portrait renforce l’ensemble, que ce soit celui d’un ministre ou d’un sans-abri, et c’est dans cette masse de visages que le projet trouve son sens.

Dans l’espace public, le projet Universal Humanity s’illustre par des posters collés dans des endroits perdus. À force de les croiser, on finit par les regarder, et on peut tisser une carte mentale qui les relie. Ainsi, tous ces visages qui ornent nos murs existent ensemble et entrent en dialogue les uns avec les autres. On peut croiser ces œuvres aussi bien à Luxembourg qu’à São Paulo, à Barcelone ou à Beyrouth. Ce geste permet à l’humanité de dialoguer ensemble, sous le regard de l’artiste, quelle que soient la distance et les différences qui nous séparent. Une façon de recoller les fragments d’une humanité blessée.

www.thomasiser.com
@universalhumanity

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https://www.wunnen-mag.lu/fr/w/article/1691.htm
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