
Le gouvernement lance un « Booster » pour relancer la construction
Le gouvernement luxembourgeois veut donner un nouvel élan au secteur du logement. Présenté le 16 juillet par le ministre du Logement et de l’Aménagement du territoire, Claude Meisch, et le ministre des Finances, Gilles Roth, le paquet de mesures « Booster fir de Wunnengsbau » poursuit un triple objectif : construire davantage, rendre le logement plus abordable et soutenir l’accession à la propriété.
Cette réforme combine avantages fiscaux, aides financières et nouveaux mécanismes d’investissement afin de répondre à la pénurie de logements qui touche le pays.
Faciliter l’achat d’un premier logement
Les futurs propriétaires sont parmi les principaux bénéficiaires de cette réforme. Le crédit d’impôt « Bëllegen Akt » passe de 40.000 à 45.000 euros par personne, permettant d’acquérir un logement d’une valeur d’environ 640.000 euros sans payer de droits d’enregistrement.
Autre nouveauté : les personnes qui achètent un logement en vente en l’état futur d’achèvement (VEFA) dont la construction n’est pas achevée à plus de 80 % seront temporairement exonérées des droits d’enregistrement et de transcription sur la partie correspondant au bâtiment. Les droits ne seront dus que sur la valeur du terrain. Cette mesure s’appliquera aux acquisitions conclues à partir du 16 juillet 2026 et restera en vigueur pendant trois ans.
Un coup de pouce supplémentaire pour les jeunes
Le gouvernement renforce également les aides destinées aux jeunes ménages. Pour les primo-acquéreurs dont au moins l’un des emprunteurs est âgé de 35 ans ou moins, le plafond du prêt pris en compte pour le calcul de la subvention d’intérêt passe de 200.000 à 300.000 euros. L’objectif est de réduire le coût mensuel des remboursements et de faciliter l’accès à la propriété.
Le régime général est lui aussi revu à la hausse. Le montant maximal du prêt ouvrant droit à une subvention est porté à 250.000 euros, avec une majoration de 30.000 euros par enfant à charge, contre 20.000 euros auparavant.
Enfin, les jeunes acquéreurs d’un logement abordable pourront désormais bénéficier de la prime d’accession à la propriété et de la prime d’épargne, des aides jusqu’ici réservées aux achats réalisés sur le marché privé.
Encourager l’investissement locatif
Le paquet de mesures cherche également à stimuler la création de logements destinés à la location.
Les logements locatifs à vocation sociale pourront bénéficier d’un taux de TVA réduit à 8 %, à condition de respecter plusieurs critères : une surface maximale de 120 m², un prix plafonné en fonction des références de l’Observatoire de l’habitat, un rendement locatif limité à 4 %, une mise en location pendant au moins dix ans et une location à un ménage reconnu éligible par le ministère du Logement.
Le régime fiscal applicable aux investisseurs évolue lui aussi. Un nouvel amortissement accéléré, baptisé par le gouvernement le principe des « trois fois 6 », permettra d’amortir un bien à hauteur de 6 % par an pendant six ans, pour une base maximale de 600.000 euros par immeuble. L’objectif est d’améliorer la rentabilité des investissements locatifs tout en favorisant la création de nouveaux logements.
Un emprunt citoyen pour financer le logement
Après le Defence Bond, le gouvernement prévoit de lancer début 2027 un Housing Bond de 250 millions d’euros. Cet emprunt obligataire, ouvert aux citoyens, servira à financer la production de logements abordables. Les intérêts perçus seront exonérés de la retenue à la source de 20 %.
300 millions d’euros supplémentaires pour les logements abordables
L’État poursuit également son programme d’acquisition de logements en VEFA en y consacrant 300 millions d’euros supplémentaires. La première enveloppe de 480 millions d’euros avait déjà permis d’acquérir ou de réserver 830 logements abordables.
Le dispositif évolue toutefois. Désormais, l’État pourra acheter une partie seulement d’un projet immobilier, plutôt que l’ensemble de l’opération. En intervenant dès le lancement de la commercialisation, il sécurise une partie des ventes, facilite l’obtention du financement bancaire par les promoteurs et accélère le démarrage des chantiers.
Les critères d’acquisition sont également revus afin de mieux refléter les réalités du marché immobilier. Les plafonds seront désormais calculés selon un montant maximal éligible régionalisé, les communes étant réparties en six catégories.