Roots à Belval
Moins de carbone, plus d’ambitions
Situé à Belval au cœur de Central Square, le projet Roots a franchi une nouvelle étape le 11 septembre 2026 avec la fête du bouquet. Un tour « bas carbone » a été organisé à l’attention de la presse afin de mettre en avant les ambitions écologiques du complexe. À cette étape de la construction, la structure hybride bois — métal — béton est à nu et complètement visible. Alors, nous enfilons notre casque, nos chaussures de chantier, nos gilets fluo, et nous nous mettons en mode visite de chantier.
Le projet Roots est porté par BPI Real Estate Luxembourg et Unibra Real Estate. Développé sur plus de 20 000 m2 et six niveaux, Roots réunit 102 appartements, des bureaux, des commerces et des services autour d’un cœur d’îlot végétalisé. Il devrait être livré au troisième trimestre 2027.
Le carbone, au minimum
Près de 40 % des émissions mondiales de CO₂ sont issus du secteur du bâtiment, et environ 50 % des émissions d’un bâtiment sont dues à sa construction. Il est donc indispensable de diminuer l’empreinte carbone des projets immobiliers.
Roots a l’ambition de repousser les limites en matière de bâtiment bas carbone. Il a d’ailleurs déjà obtenu la certification LCBI Excellence au stade de la conception, le niveau le plus élevé du référentiel. Le projet vise également BREEAM Excellent et WELL Building Standard Gold pour les bureaux.
L’idée est de prendre en compte tout le cycle de vie du bâtiment : sa construction, son utilisation, et aussi la déconstruction et la revalorisation des matériaux. Ils espèrent diminuer l’empreinte carbone jusqu’à 50 %.
Le promoteur ambitionne d’être ainsi en avance sur la législation, et de proposer un immeuble à la pointe de la performance énergétique. Il faut dire qu’après un été caniculaire et le prix de l’énergie qui atteint tous les jours de nouveaux sommets, un bâtiment sobre a de qui séduire.
Une remise en question constante
Dès la phase de conception, chaque étape, chaque matériau, chaque poste a été analysé pour être le moins gourmand en carbone possible. D’ailleurs, au cours de la visite, des panneaux indiquent les solutions envisagées pour certains postes, avec les solutions retenues, et leur impact carbone. On apprend par exemple que les noyaux en béton ont entrainé un surcoût carbone qu’il a fallu rattraper, ou que les châssis des fenêtres ont été plus vertueux que prévu lors de la planification.
Le promoteur nous assure que globalement, cette méthode de travail a eu des résultats plus positifs que prévu.
Construire en bois
Au niveau des matériaux, la chasse a été faite au béton, très énergivore, et le bois a été privilégié : sa transformation demande peu d’énergie et il stocke le carbone emmagasiné durant sa vie.
Le projet a toutefois un socle et deux niveaux de sous-sol en béton. C’est nécessaire pour des raisons statiques, et pour garantir la stabilité au feu des voies d’évacuation. Les six étages hors-sol sont eux en structure bois.
Cette solution est un défi pour un bâtiment de cette taille. Par rapport à une construction classique, ce matériau offre aussi une excellente isolation thermique. Toutefois, le bois est moins préformant en matière d’acoustique, de résistance au feu et à l’humidité. Ce sont des contraintes qui doivent être prises en compte en amont, mais rien d’insurmontable.
Ce type de construction a aussi l’avantage de ne pas demander de phase de séchage. Dès que les murs sont posés, il est possible de s’attaquer aux menuiseries. Celles-ci sont d’ailleurs composées d’aluminium recyclé.
Enfin, le bois et CLT (bois lamellé-croisé) ont un intérêt important lors de la déconstruction. Sa mise en œuvre a nécessité des vis et des boulons, ce qui ne demandera pas d’effort particulier. Le bois récupéré pourra être redécoupé pour des constructions futures et le métal pourra être recyclé.
Préfabrication
Afin de garantir les délais, le constructeur mise sur la préfabrication. Pour la partie en béton, il a recours à des prémurs : un élément constitué de deux fines parois en béton armé séparées par un espace creux. Pour la partie en bois, les éléments en CLT sont préparés en usine et assemblés sur le site. Avec une bonne préparation et une organisation efficace sur le chantier, il était possible d’avancer d’un étage par semaine. Par ailleurs, les aléas météorologiques sont ainsi moins contraignants.
L’utilisation
Tout le cycle d’utilisation a été pris en compte avec une isolation performante, des protections et panneaux solaires et des ventilations à récupération d’énergie. Les habitations et parties communes bénéficient de plus de 120 panneaux photovoltaïques. Le jardin suspendu et divers espaces verts partagés bénéficieront des eaux de pluie retenues.
Voir la vie en bois
Un des défis pour assurer le succès du projet sera de convaincre les futurs utilisateurs d’investir dans un bâtiment en bois. Les commerces et entreprises sont déjà sensibilisés aux défis climatiques et devraient être intéressés par la performance énergétique de l’immeuble, mais les particuliers peuvent se montrer plus difficiles à convaincre. C’est pourquoi le projet Roots sera présenté à la Semaine Nationale du Logement, du 8 au 11 octobre 2026 à Luxexpo The Box, et un appartement témoin devrait être visitable dès début novembre 2026. Il n’y a cependant pas de raison de s’inquiéter : 50 % des appartements sont déjà vendus.
Le projet Roots a demandé une réflexion sur toute la chaîne de construction du bâtiment. Un travail qui sera utilisé pour un autre projet majeur du promoteur. Le projet Kennedy Park dont la construction a débuté au Kirchberg devrait aller encore plus loin dans la chasse au carbone.


























