Alice et David Bertizzolo
Un souffle de poésie
Alice et David Bertizzolo font partie des gens
qui apportent un peu de magie et de poésie à l’espace public. Ces artistes
créent des œuvres monumentales qui touchent à l’imaginaire dans une démarche à
la limite de l’art, du design et de l’urbanisme et de l’architecture.
Leur intention est de sortir l’art des galeries
et des musées pour le rendre accessible à tous. L’intégration de leurs œuvres à
l’espace existant est une composante importante de leur travail. Chaque
création apporte une réflexion sur la ville, la sociologie ou encore
l’Histoire.
Ils nous ont accueillis dans la commune d’Erpeldange-sur-Sûre, près du camping Gritt, au pied d’intrigants pissenlits lumineux, les « Pissblumen ». Si l’œuvre est ici depuis mai 2025, elle a déjà voyagé pendant dix ans dans des festivals. Elle a vu le Futuroscope, Marseille ou le Havre.
Ces luminaires urbains reprennent la forme de pissenlits en graines. Ils font partie d’un ensemble d’œuvres sculpturales pérennes sur le thème de l’agriculture conçues dans le cadre du projet « Rees vu Sommen » (« Le voyage des graines »). Une initiative portée par la Nordstad qui vise à implanter des œuvres sur plusieurs communes le long d’un circuit autour de la rivière locale.
Cette création est aussi un hommage rendu au lieu. Elle est conçue avec du bois local, prélevé dans les forêts environnantes avec le concours de l’Administration de la Nature et des Forêts, et en partenariat avec Sources Rosport qui a fourni les bouteilles qui constituent les aigrettes. Pour parfaire l’aspect environnemental, un panneau solaire sur le haut du pissenlit garantit l’éclairage. De nuit, c’est magique, les pissenlits deviennent un peu des étoiles.
Les artistes nous expliquent leur approche:
« Notre objectif est de concevoir quelque chose d’unique, une identité reconnaissable pour la commune.
Nous utilisons des techniques de production en série et des matériaux industriels afin de créer un contraste entre la nature et l’industrie. La structure est en aluminium, complètement industrielle, avec des rivets apparents. Cela correspond bien au pays dans lequel l’œuvre est implantée, un pays où se côtoient la construction, l’agriculture et l’industrie.
Ce qui nous a inspirés, c’était ce souvenir d’enfance où l’on fait un vœu avant de souffler sur les aigrettes, envoyant les graines aux quatre vents. C’est aussi le symbole de la connaissance qui se disperse et se transmet, et dans ce pays ouvert à d’autres origines, ça apporte un message très universel.
La fleur ressemble un peu à une pierre précieuse, à une gemme sublimée au sommet d’une tige, à quelque chose d’important qu’il faut protéger et sauvegarder. »
Selon vous, quel est le rôle de l’art dans les lieux publics ?
« Donner à voir des artefacts, des œuvres d’art qui ne sont pas cantonnées aux musées et qui sont accessibles au plus grand nombre, permet d’universaliser le rapport à l’art, de le rendre visible, de questionner les gens et aussi d’apporter un peu de poésie… »





