Wunnen Luxembourg
Comuniqué de presse
Publié le vendredi 4 février 2022

La Chambre immobilière s'indigne des propos du ministre Franz Fayot sur la commission d'agence

La Chambre immobilière s'indigne des propos du ministre Franz Fayot sur la commission d'agence

Sujet : propos du ministre de l'Économie quant aux prix de l'immobilier

Lors d'une interview sur l'une des radios nationales luxembourgeoises, samedi 29 janvier dernier, le ministre Franz Fayot a affirmé que l'une des sources de l' « explosion des prix » du logement au Luxembourg serait la commission de 3 % que les agences prélèvent sur les ventes d'immeubles. Il a ajouté que la mission de l'agent ne méritait pas cette rétribution. Dans un communiqué de presse, la Chambre immobilière (CIGDL) estime que ces propos constituent un affront pour le secteur de l'immobilier. »

Les arguments avancés par la Chambre immobilière sont multiples.

1) La commission sur la vente à elle seule ne saurait induire une augmentation significative des prix de l'immobilier - si tel était le cas, les prix en Allemagne ou en France seraient bien plus élevés qu'au Luxembourg, étant donné qu'on y applique des commissions pouvant aller jusqu'à 6%.

2) La loi sur la commission maximale de 3% a été introduite le 20 janvier 1972 et abrogée le 17 mai 2004. En 2012, le secteur a fait l'objet d'une enquête de la Direction de la concurrence qui s'est clôturée par un non-lieu. La Direction, soumise à la tutelle du ministre Fayot, a conclu que la concurrence entre agents immobiliers étant une garantie suffisante des règles de la concurrence. De plus en plus d'agents immobiliers sur le marché – quelque 1 000 autorisations sont délivrées par le ministre des Classes moyennes chaque année –, la mise en concurrence par les vendeurs des agences sur le prix qu'ils estiment atteindre, et la surenchère qui s'ensuit dans le cadre d'un marché en surchauffe, sont autant de facteurs à incriminer. En tout état de cause, le prix du marché résulte de la rencontre entre l'offre et la demande.

3) L'activité de l'agent immobilier donne lieu aujourd'hui à un travail administratif extrêmement lourd, surtout en matière de lutte anti-blanchiment et de protection des données ; deux matières dont le cadre réglementaire ne cesse de croître de manière exponentielle. En vue de ces obligations, la CIGDL estime qu'il n'est pas pertinent d'envisager, ni une réduction légale de la commission, ni un plafonnement.

4) La CIGDL constate que les gouvernements successifs ont pris de nombreuses décisions qui ont conduit à la rétraction de l'offre et l'augmentation des prix. À ceci se sont ajoutés d'innombrables taxes ou impôts (taxe d'infrastructure, taxe de compensation, TVA, etc.) et des réglementations urbanistiques et environnementales qui ont augmenté également le prix du logement.

La CIGDL estime qu'aujourd'hui « nous ne sommes pas en crise du logement, mais en crise du logement abordable, chasse gardée de l'État, avec une clientèle complètement négligée depuis 50 ans, car il s'agit souvent de non-électeurs.»

Depuis la publication récente de l'étude du LISER, il apparaît que la main publique dispose de 50% des terrains constructibles, mais ne réalise que 5% des logements neufs. Face à ces nouveaux chiffres, la CIGDL considère que

« l'excuse de la main publique qu'elle ne disposerait de suffisamment de terrains ne tient plus la route. ! Qui fait alors de la rétention de terrains ? Il est temps d'arrêter avec les écrans de fumée et d'attaquer le problème de front...»

Le dernier paragraphe du communiqué de la CIGDL est un vrai coup de gueule.

« Arrêtez de nous désigner comme responsables avec vos interminables études commandées. Arrêtez de faire de la polémique et commencez à mettre en oeuvre une politique du logement proactive. Faire croire aux électeurs que la hausse des prix de l'immobilier est due aux commissions des agents immobiliers relève du populisme et de la politique du bouc émissaire. Aussi voulons-nous croire à un simple écart de parole du ministre de l'Économie et espérer qu'il va le corriger rapidement. Le fait est que le Gouvernement et le ministre en charge du logement, en particulier, bloquent la coopération avec le secteur privé que la Chambre immobilière représente. La levée de ce blocus pourrait rapidement améliorer la disponibilité de logements de toutes sortes et ainsi contribuer à endiguer la spirale de l'augmentation des prix du logement délétère économiquement et dangereuse politiquement. »

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