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09.02.2016

Jeannot Roller, sculpteur

« Le métal, il faut apprendre à le dompter »



Photos : Jeannot Roller

Jeannot Roller est un artiste qui aime le métal sous toutes ses formes. Après avoir enseigné la serrurerie et la ferronnerie d’art pendant plus de vingt ans au Lycée technique du Centre, il prend sa retraite et se consacre entièrement à la sculpture d’art. Sa première exposition, « Metal emol anescht », a lieu en l’an 2000. Depuis cette année, il participe à Lissewege-Bruges au Village Blanc, avec des sculpteurs venus de plusieurs pays. Parmi ses œuvres les plus mémorables, Jeannot Roller cite le « Hibou Grand-Duc », une sculpture offerte par la population de Colmar-Berg au jeune couple Grand-Ducal lors de son entrée officielle au Château de Berg en 2002. Le prochain défi de l’artiste : sa participation au 6e Salon international d’art contemporain d’Esch-sur-Alzette, du 12 février au 11 mars 2016.

Un penchant créatif dès l’enfance


Jeannot Roller a manifesté un penchant artistique dès son plus jeune âge. « Enfant, je m’intéressais beaucoup au dessin, à la peinture et à l’art en général. Mon père était serrurier. C’est de là probablement que j’ai reçu l’étincelle. Jeune, je voulais devenir menuisier. Mais à l’époque, on disait que cette discipline n’avait pas vraiment d’avenir. L’avenir, c’était l’acier.
Alors, j’ai fait un CATP outilleur à l’école des arts et métiers, puis un brevet de maîtrise comme mécanicien-ajusteur. » Après avoir travaillé une dizaine d’années dans des entreprises de parachèvement de métaux, il entame une carrière d’enseignant en 1978. « Pendant que j’enseignais au LTC, j’ai eu le sentiment qu’il y a d’autres pistes à explorer que les formes classiques de la ferronnerie d’art. »
Ses premières sculptures, il les réalise dans les années 1990. Rapidement, le façonnage du métal devient une passion. Depuis qu’il s’adonne à ce travail créatif, Jeannot Roller a réalisé quelque 450 ouvrages. La plupart ont été vendus à des particuliers, à des firmes ou des institutions publiques. Jeannot travaille l’acier, un peu le bronze et un peu le laiton, le cuivre et l’étain.

Le travail en atelier


« Pour réaliser les objets en métal, il faut maîtriser toutes les techniques, et déployer un effort physique intense. C’est aussi une activité qui n’est pas sans danger. Si on ne fait pas attention, on peut se blesser ou se brûler. On est également exposé dans l’atelier au bruit et à la poussière. Il faut employer des ciseaux spéciaux pour la tôle, couper le métal suivant une technique spéciale – oxycoupage. Ensuite, il faut chauffer le métal à 1000 °C pour le rendre mou et pouvoir le modeler. Au début, j’attaquais les pièces à l’instinct, suivant mon inspiration, et j’avais parfois des surprises, car le métal, il veut parfois aller où bon lui semble. Il faut apprendre à le dompter. Avec l’expérience, j’ai compris qu’il vaut mieux réfléchir, dessiner un concept, avant de se lancer dans la réalisation. Il faut de nombreuses heures de travail pour réaliser les sculptures, environ 20 heures pour une pièce de petite taille ; et 200 à 250 heures pour les œuvres plus grandes. »
Quelles sont les sources d’inspiration de l’artiste ?
« La nature, en général… Salvador Dali… Les formes fluides. Je n’aime pas les formes rigides. J’ai exploré les deux domaines – art figuratif et art abstrait. Je préfère l’art figuratif, les formes rondes et féminines, les figures félines, les animaux préhistoriques, les masques primitifs… Je cherche à composer des regards forts et des esquisses de mouvements.
J’aime également associer le métal à d’autres matériaux comme le bois et le verre. Chacune de mes pièces est unique, je n’aime pas répéter ce que j’ai déjà fait. »

Pourquoi cette fascination ?


« Le métal, je l’associe à la robustesse, à la solidité, à la durabilité. Ça tient toujours très longtemps. Et puis, travailler le métal, c’est une activité à la fois artistique et physique. C’est une discipline qui me stimule beaucoup et qui me procure du bien-être et de la sérénité. Des sentiments positifs qu’il est important de cultiver dans une société dépourvue de valeurs et stressée à l’extrême. »
Quel est l’outil préféré de Jeannot Roller ?
« Le marteau, sans hésiter. Mais il y a toute une série d’outillages qu’il est important d’avoir et de maîtriser. Le bon ouvrier, le bon artiste, doit avoir les bons instruments. Il faut trouver pour chaque objet le bon outil. »
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