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Article publié le 14 mars 2008 - Wunnen n° 6 - mars-avril 2008

14.03.2008

Tissus, matières et couleurs

Tapissier-décorateur

Tapissier-décorateur
Maître de ses tissus et étoffes, il n’a pas son pareil pour habiller meubles et intérieurs. Son savoir-faire est ancestral, communiqué au fil des années de maître à apprenti. Le tapissier-décorateur a toujours été l’artisan de référence pour tout ce qui touche à la garniture et au décor.

Aujourd’hui, la profession a bien entendu évolué, notamment avec la multiplication des matériaux et les changements de mode, mais un grand nombre de techniques traditionnelles sont toujours utilisées, en particulier dans la restauration de meubles anciens. Le tapissier-décorateur doit être capable de conseiller le client sur le choix des matériaux, tissus, cuirs ou passementerie à intégrer à son projet décoratif.


Domaines d’activité


Les quatre principaux domaines d’activités du tapissier-décorateur sont les suivants :
  • la décoration : l’esquisse, la confection et la décoration de rideaux et tentures, ainsi que la pose de dispositifs de protection contre le soleil et de cloisons séparatrices
  • les revêtements de sol : la pose de moquettes, de revêtements de sol en caoutchouc et en d’autres matières synthétiques
  • le revêtement de murs (textile, cuir, matières synthétiques)
  • le capitonnage : la fabrication, la remise à neuf et la restauration de meubles rembourrés.
L’activité s’exerce en atelier (pour la fabrication), en hall d’accueil et d’exposition (pour le choix, l’achat ou la vente de garnitures) et chez le client (pour le conseil, les mesures, et l’installation). Le tapissier-décorateur peut se mettre à son compte ou bien travailler comme salarié dans différents types d’entreprises (bâtiment, décoration, atelier de confection et de réparation de sièges, etc.).

Connaissances et aptitudes


Il est demandé au tapissier-décorateur de faire preuve de créativité, il doit avoir le goût et le plaisir des belles choses ainsi que le sens des formes et des couleurs. Le respect du bois et des étoffes anciennes est important, mais il faut aussi avoir une bonne connaissance des tissus actuels. Le tapissier-décorateur doit avoir des notions de calcul, il doit pouvoir prendre des mesures et lire des plans. Etant donné qu’il est souvent amené à travailler chez le particulier, il doit avoir une bonne présentation et le sens de la communication.
La flexibilité est très importante. Un tapissier-décorateur doit pouvoir adapter son travail selon les vœux du demandeur, en fonction de l’habitation ou du mode de vie de ce dernier.

Formation


Le C.A.T.P. (Certificat d’Aptitude Technique et Professionnelle) est délivré après trois années de formation professionnelle sur base d’un contrat d’apprentissage en entreprise.
Quant à ceux qui n’ont pas accompli la classe de 9e du secondaire
technique, mais qui font néanmoins preuve de capacités manuelles adéquates, ils peuvent obtenir le C.C.M. (Certificat de Capacité Manuelle) après un apprentissage de trois années dans une entreprise.
Après trois années de pratique professionnelle dans la branche, le jeune détenteur du CATP, âgé de 21 ans au moins, peut suivre la formation pour le brevet de maîtrise.

Informations supplémentaires : Chambre des métiers du Grand-Duché de Luxembourg
www.cdm.lu
Ministère de l’Education nationale
www.men.lu


Claude Thibeau





« Comment faire pour empêcher ou entraver la mort lente de la profession ? »


Claude Thibeau, Fédération des Maîtres tapissiers-décorateurs du Grand-Duché de Luxembourg


Pouvez-vous nous présenter la fédération de votre profession ?

Il s’agit d’une petite fédération qui ne compte que 29 membres au total, qui sont aussi bien des tapissiers-décorateurs brevetés que des professionnels de la décoration. Il y a environ quinze tapissiers brevetés dans le pays, dont une partie seulement sont actifs. On constate malheureusement un vieillissement de la profession. La relève n’est pas vraiment en vue, car le travail spécialisé et sur mesure du tapissier est sollicité par une clientèle de plus en plus restreinte.

Quelles sont les particularités du métier ?
En réalité, il faut faire la distinction entre le tapissier et le décorateur. Le métier du tapissier porte principalement sur le capitonnage (rembourrage de meubles), la tenture murale et le revêtement d’escaliers ; ce sont là les savoir-faire qui sont sujets au brevet de maîtrise. En revanche, il ne faut pas de brevet pour exercer la profession de décorateur, uniquement une expérience professionnelle de quelques années dans le secteur. Le décorateur exécute toutes les activités annexes au métier de tapissier, la pose de rideaux, stores et marquises, le revêtement de sol, la literie, etc.
Le tapissier ne fait pas de travail en série : il travaille sur mesure, chacun de ses ouvrages est original et unique. C’est un travail très minutieux et il est parfois impossible d’exécuter certaines tâches de façon mécanique. Il réalise ses travaux très souvent manuellement et à l’ancienne, mais il a également recours à la machine. Il se doit de maîtriser de très nombreuses techniques, comme la couture, le vernis, ou la laque.

Tapissier-décorateur
Dans quels domaines le tapissier-décorateur est-il amené à travailler ?
Le tapissier-décorateur aménage des habitations, des bureaux, des hôtels et restaurants, des bâtiments publics, des halls scolaires et sportifs, des salles de spectacle, etc. Selon la taille de l’entreprise dans laquelle il travaille, un tapissier d’ameublement exerce seul ou au sein d’une équipe formée de professionnels très différents. Il peut collaborer avec des architectes d’intérieur pour des projets importants. Il peut se mettre à son compte ou travailler pour des spécialistes de la décoration.

Le métier a-t-il beaucoup changé au fil du temps ?
Le métier de tapissier en lui-même n’a pas beaucoup changé. Cela reste une activité artisanale qui requiert du doigté, du temps et de l’application, avec beaucoup de techniques anciennes qui se perpétuent. En ce qui concerne les outils, les colles et les tissus, il y a certainement du changement, les matériaux se sont multipliés, les produits sont plus simples d’utilisation, moins nocifs, plus légers, d’un entretien de plus en plus aisé. Cependant, la profession est aujourd’hui beaucoup plus exposée aux changements de mode. La clientèle n’est plus la même qu’autrefois. La perception du mobilier et de la décoration a changé, on préfère de nos jours acheter du neuf plutôt que de pérenniser les meubles et tissus, en les entretenant et restaurant.
D’un autre côté, on observe depuis quelques années chez un nombre grandissant de clients le souci de l’environnement dans le choix des tissus et des revêtements.

Tapissier-décorateur
Quels sont les défis qui se posent à votre profession ?
Le manque d’apprentis et de main-d’œuvre qualifiée ainsi que la concurrence déloyale d’intervenants étrangers ou indigènes non qualifiés sont les plus grands problèmes auxquels doivent faire face les tapissiers-décorateurs luxembourgeois. Le problème réside aussi dans le fait que le secteur de la décoration est si vaste et diffus que les clients se retrouvent perdus, sans savoir quoi choisir. Face à cette dilution du marché, les tapissiers-décorateurs tendent à se raréfier.

Le métier attire-t-il les jeunes ?
Les apprentis tout comme les maîtres tapissiers sont difficiles à trouver. C’est un métier que l’on choisit par amour et par goût de la création, un métier qui demande du travail, de la patience et de la passion. Les jeunes ne sont pas nombreux à se laisser séduire par ce genre de métier artisanal.

Comment susciter de nouvelles vocations ?
C’est la question que nous nous posons tout le temps au sein de la fédération. Mais nous sommes pris dans une sorte de cercle vicieux. Il y a peu de vocations, et quand elles surgissent, les jeunes peinent à trouver un patron pour leur apprentissage. Comment faire pour empêcher ou entraver la mort lente de la profession ? Je l’avoue, je vois l’avenir d’un œil plutôt sombre. Cela me fait de la peine et je lutte de toutes mes forces pour que ça n’arrive pas, car c’est un beau métier, un métier créatif, jamais monotone, un métier qui demande d’être à l’écoute du client, de lui proposer une pièce originale de qualité qui va contribuer fortement à son confort de vie.

Fédération des Maîtres tapissiers-décorateurs du Grand-Duché de Luxembourg
BP 1604
L-1016 Luxembourg
Tél.: 42 45 11 - 1
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