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Article publié le 4 juin 2007 - Wunnen n° 1 - juin-juillet 2007

04.06.2007

Des solutions pour monter à l'étage

Maison intelligente

Cela peut arriver à n’importe qui, peu importe l’âge et le style de vie. La perte de mobilité peut survenir pour les uns de façon soudaine, pour les autres de façon progressive, suite à un accident, une maladie ou tout simplement l’âge grandissant.
C’est dans l’intimité de son domicile que cette situation peut s’avérer le plus difficile à vivre. Que faire si vous éprouvez des difficultés ou si vous n’arrivez plus du tout à monter à l’étage de votre maison ?
France Rolland, ergothérapeute travaillant au sein de l’association ADAPTH, nous a parlé des réflexions à faire face ce genre de circonstance et des solutions techniques envisageables.


Quels sont les besoins ?


Il faut commencer par analyser objectivement la situation. Pour l’ADAPTH (Association pour le développement et la propagation des aides techniques pour personnes handicapées), l’individu dans sa réalité de tous les jours doit être au centre de toutes les considérations. France Rolland nous explique : « On cerne d’abord les difficultés que la personne rencontre dans son quotidien, ses capacités, ses activités, ses souhaits de vie. Vit-elle seule ou accompagnée? En quoi l’environnement limite-t-il son activité? Tous ces éléments ont une incidence sur le type de solution à adopter. »
Il faut aussi que la personne puisse évaluer sereinement non seulement sa condition et ses capacités actuelles, mais aussi l’évolution probable ou éventuelle de son état dans les années à venir.

Pour France Rolland, le recours à un dispositif de changement de niveau ne doit pas être systématique : « Dans le cas d’une maladie évolutive par exemple, il est bon d’analyser la question sur le long terme. Il conviendra peut-être d’envisager directement des installations plus importantes, tel un ascenseur. En fonction du degré de manque de mobilité, la personne pourra même décider de renoncer au dispositif de changement de niveau, et opter pour un réaménagement complet de son rez-de-chaussée. »

L’élévateur d’escalier avec siège


Dans un grand nombre de cas où la seule force des jambes est diminuée, un élévateur d’escalier avec siège offre certainement un confort supplémentaire. Cependant, ce système ne semble pas le plus adapté pour quelqu’un qui est en chaise roulante, puisqu’il suppose de faire des transferts, de la chaise roulante vers le siège, et, une fois arrivé à l’étage, du siège vers une autre chaise roulante. Il faut aussi tenir compte des contraintes techniques. Ce type d’équipement exige une largeur d’escaliers minimale. Il faut que les hauteurs d’assise entre le siège élévateur et la chaise roulante se situent sensiblement au même niveau. Les espaces au pied de l’escalier et en haut de l’étage doivent être suffisants pour permettre les mouvements du fauteuil roulant et de la personne aidante.
Le siège élévateur convient pour des personnes semi-valides qui gardent une certaine mobilité, qui peuvent participer à l’action de transfert, ou qui ne nécessitent la chaise roulante que pour des déplacements plus longs à l’extérieur. Il faut aussi prendre en compte des facteurs tels le poids et la taille de la personne, sa lucidité d’esprit ainsi que sa faculté d’équilibre. L’aspect sécurité de ce type d’installation doit absolument être pris en compte.
France Rolland explique: « Notre rôle est d’envisager la solution à long terme. Il faut toujours se demander: Est-ce qu’un tel équipement vaut vraiment la peine s’il existe d’autres solutions, tout aussi valables, voire meilleures ? »

L’élévateur d’escalier avec plate-forme


Il permet à la personne de monter à l’étage en restant assise sur la chaise roulante. Cette installation, plus stable et pratique, nécessite aussi forcément plus d’espace, et notamment une largeur d’escaliers plus grande. Elle peut aussi comprendre un strapontin, un petit siège relevable que la personne pourra utiliser en fonction de ses besoins.
La configuration de l’escalier joue aussi un grand rôle. Les choses sont plus faciles si l’escalier est droit. Par contre, un escalier à paliers ou qui prend des virages requiert des espaces plus larges.

Les systèmes suspendus


Quand l’habitat est de dimension réduite, on peut envisager un transport en suspension, par le biais d’un dispositif de rails accroché au plafond. Cette solution peut intégrer un siège téléscopique, mais elle peut aussi s’appliquer à une chaise roulante qui va s’attacher sans efforts au système de suspension et de transport.

Autres solutions montantes


Pour des dénivelés peu accentués (1 ou 2 marches à l’entrée de la maison, passage vers le jardin, passage entre une cave et un garage), la rampe d’accès est une solution adéquate. Attention dans ce cas à la pente qui doit être inférieure à 6%. La protection par un garde-corps lorsque le dénivelé est supérieur à 40 cm est indispensable. Le garde-corps doit être équipé d’une main courante, de forme aisément préhensible.
Si, à un emplacement de son domicile, la personne doit franchir une différence plus importante de niveau, mais qui ne dépasse pas 1,80m, elle peut considérer l’aménagement d’un élévateur vertical avec parois de protection et portillon. Au-delà de cette valeur, l’ascenseur avec cabine fermée devient obligatoire.
Au Luxembourg, toutes ces installations doivent être homologuées par l’inspection du travail et des mines. Par ailleurs, elles doivent toujours faire l’objet d’un contrat d’entretien régulier.
Il existe encore sur le marché une diversité d’appareils qui aident au franchissement d’escaliers, quand ceux-ci ne sont pas trop nombreux. Ces appareils, motorisés ou mécaniques, facilement démontables, sont appelés de différentes façons sur le marché (chenillette, escaladeur, scalamobil, etc.). Ils s’avèrent très pratiques pour des situations ponctuelles, mais requièrent presque toujours l’assistance d’une personne accompagnatrice.

Un maximum d’autonomie et d’indépendance


Pour l’ADAPTH, les meilleures solutions sont celles qui donnent à la personne le maximum d’autonomie et d’indépendance. France Rolland : « Le problème du changement de niveau ne se pose pas seulement à l’intérieur du domicile. Il peut constituer un véritable casse-tête au niveau des accès extérieurs et des abords de la maison ou de la résidence. C’est pour cela qu’il est important, lors de l’achat d’un bien immobilier, de juger non seulement les plans de construction, mais aussi de bien s’informer sur les accès extérieurs et les abords de l’habitation. »

Chaque escalier est différent


Quelle que soit la solution de changement de niveau retenue, il faut qu’elle corresponde aux besoins réels de la personne à mobilité réduite et qu’elle s’adapte facilement à son environnement. C’est pour cela qu’il est important de faire appel à des conseils personnalisés émanant de professionnels expérimentés. Une étude pourra être faite du lieu d’habitation pour élaborer l’installation la plus pratique, confortable et sûre.
Magazine Wunnen
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