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Article publié le 25 janvier 2010 - Wunnen n° 17 - février-mars 2010

02.04.2010

Quand l’eau faisait tourner la roue de la vie

Le moulin d’Asselborn

Le moulin d’Asselborn

Le moulin d’Asselborn
Le moulin d’Asselborn
Le moulin d’Asselborn
Le moulin d’Asselborn
Le moulin d’Asselborn
Le moulin d’Asselborn
Le moulin d’Asselborn

Situé dans un environnement idyllique, au fond d’une vallée en bordure de rivière, le moulin d’Asselborn est un endroit qui ravit les amoureux de calme, d’authenticité et de ballades dans la forêt. Transformé depuis un quart de siècle en domaine hôtelier de charme, la bâtisse garde la mémoire des siècles passés à tourner pour produire la farine qui donnait le pain à la région.
Blotti au cœur des Ardennes luxembourgeoises, le moulin d’Asselborn compose un cadre enchanteur, dans lequel la pierre et le bois ancestraux sont rajeunis par le dialogue incessant avec la nature et une multitude d’arrangements décoratifs pleins de fantaisie.
Considéré comme un des plus vieux moulins à eau du Grand-Duché de Luxembourg, le moulin d’Asselborn a toujours joué un rôle vital dans l’histoire de la région.

Au temps des Seigneurs


On trouve une première fois mention du moulin en 1036, lorsque l’abbaye St. Maximin de Trèves acquit la propriété d’Asselborn par un acte d’échange avec le monastère Stablo-Malmédy. La construction du moulin remonte logiquement à une époque antérieure à cette date.
Dans le système féodal, les moulins constituaient une part importante des possessions abbatiales et seigneuriales. De par leur utilité pratique vitale, ils étaient une source de revenus importante pour les souverains, tout en constituant un symbole de pouvoir. Le moulin d’Asselborn était défini comme un « moulin banal », ce qui signifiait que les habitants de la seigneurie étaient obligés de moudre leur grain exclusivement dans cette structure payante.
Au cours des siècles, le moulin fit l’objet de nombreux affermages par lesquels l’abbaye confia son exploitation à différents meuniers. Ne devenait pas meunier le premier venu, il fallait qu’il ait une bonne réputation, qu’il soit issu d’une famille honorable et qu’il ait des références en meunerie. Le meunier n'avait pas le droit de percevoir de l'argent pour son travail. Il se payait en nature en prélevant, à la fin du travail journalier, une main pleine de farine comprimée.

Le moulin d’Asselborn

Le « Schéifermisch »


Erigée dans la cour du moulin, une sculpture de l’artiste Michel Heintz jr rend hommage à une figure historique : Michel Pint, un berger d'Asselborn, condamné à mort et guillotiné en 1799 pour avoir pris part à la révolte des gourdins (« De Klëppelkrich ») en 1798 contre les occupants français. Michel Pint était âgé de 25 ans.



Le moulin devient bien à vendre


L’abbaye St. Maximin garda la propriété du moulin jusqu’en 1798, quand, dans le sillage de la Révolution française, le moulin fut déclaré bien public et vendu aux enchères. Le bâtiment avait une partition semblable à celle d’aujourd’hui. Au cours du 19e siècle, le bâtiment changea plusieurs fois de propriétaire. À partir de 1828, on produisait dans le moulin non seulement de la farine, mais aussi de l’huile. En 1862, le moulin comprenait trois roues hydrauliques à augets, dont l’une propulsait la machine de nettoyage et les deux autres faisaient tourner la paire de meules du gruau et de la farine.
En 1932, pour des raisons d’improductivité, le moulin ne fut plus utilisé pour moudre pour la communauté. La production reprit cependant au cours de la Seconde Guerre mondiale. En 1945, le moulin arrêta définitivement son activité.


Le musée du moulin à eau


Le moulin d’Asselborn
Le moulin d’Asselborn
Le moulin d’Asselborn
Le moulin d’Asselborn


Le musée du plus vieux moulin du Luxembourg retrace à la perfection l'histoire de la meunerie. Il présente les nombreux outils (roues, meules, tambours de tamisage, etc.) qui ont permis la fabrication de la farine et il montre dans quelle mesure l'invention du moulin à eau a constitué un progrès technique et social de toute première importance.

La transformation en un hôtel-restaurant


En 1981, tout le domaine fut racheté par Léon Nilles. Déterminé à sauver le moulin des ruines, celui-ci entreprit la restauration du site. Ainsi naquit l’hôtel-restaurant que l’on connaît aujourd’hui, intégrant une galerie d’art et un musée consacré à l’histoire des moulins à eau.
Une salle du bâtiment abrite également le musée des écritoires, consacré aux ustensiles d’écriture et à leur évolution au fil du temps. Disposés par styles, matériaux ou thèmes, les objets sont accompagnés d’une multitude d’illustrations retraçant les différentes époques de l’histoire. Les espaces du restaurant et de la brasserie ont gardé des éléments d’origine qui concourent à une atmosphère raffinée et chaleureuse : la cheminée en pierre, les poutres au plafond, les murs ou des sols en ardoise en provenance des anciennes ardoisières d’Asselborn… Ces éléments rappellent un temps où les villageois aimaient se retrouver dans le confort des intérieurs campagnards.


www.hotelvieuxmoulin.lu
Article basé sur la documentation rédigée par Léon Nilles.
Photos : P. Lobo
Magazine Wunnen
www.wunnen-mag.lu | info@wunnen-mag.lu