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Article publié le 24 août 2007 - Wunnen n° 2 - août - septembre 2007

24.08.2007

La touche finale

Le métier de peintre

Le métier de peintre
Il est l’un des derniers à intervenir sur un chantier, mais son travail sera l’une des réalisations que le client verra et appréciera en premier. Les couleurs posées par le peintre participent en effet directement au décor, à l’ambiance et à l’aspect esthétique de l’espace. De là l’importance d’une qualité et d’un soin extrêmes dans l’exécution.

Que fait le peintre?


Le peintre est un artisan de la finition. Il est chargé du revêtement des murs extérieurs, intérieurs et des plafonds. Mais son métier est plus polyvalent que ce qu’on imagine : il peut aussi être amené à s'occuper de la pose des vitres, des revêtements de sol, et même des plâtres (construction des cloisons) ainsi que de la menuiserie intérieure et extérieure pour isolation.
Sa tâche de peintre se déroule en trois phases : en premier lieu, il doit préparer les outils qui lui permettront d'évoluer en hauteur (pour les murs), tels les échafaudages et échelles, et de travailler dans de bonnes conditions (tables à tréteaux, protection du mobilier, des fenêtres). Dans un second temps, il doit préparer le support sur lequel il va intervenir en le débarrassant des défauts existants (vieux papiers peints, fissures…) et en le nettoyant (lessivage, rebouchage de trous, pose d’enduits préparatoires). La dernière étape consiste à appliquer le revêtement : peinture, vernis, laque, tissus, plastique, papier peint, etc.

Connaissances et aptitudes


Le métier de peintre décorateur vise à la fois la protection et l'embellissement. La diversité des peintures et dissolvants, la préparation adéquate du fond et la constitution professionnelle des peintures requièrent des connaissances professionnelles approfondies. Outre les pinceaux, couteaux de peintre et autres outils semblables, le peintre décorateur utilise des pistolets de peinture, des agrégats de pulvérisation, des installations de trempage et d'enduction. Pour les travaux d'inscription, le peintre décorateur doit également disposer de connaissances dans le domaine de la sérigraphie. L’habileté manuelle et l’imagination dans l’aménagement de l’espace sont des qualités nécessaires pour le bon exercice du métier de peintre. Il faut également une bonne condition physique. Travail en hauteur, travail à genoux, en plein air et à l’intérieur, manipulation des brosses et des rouleaux, exposition à des produits et à des odeurs, toutes ces caractéristiques font que ce travail est difficilement accessible pour ceux qui ont des problèmes de vertige, d’allergie ou de dos. L’aspirant peintre ne doit évidemment pas souffrir de daltonisme.

Quelles études pour devenir peintre-décorateur ?
La formation pour devenir peintre décorateur dure 3 années.
Le jeune qui a réussi sa 9e secondaire technique peut, en l’espace de 3 ans, obtenir son C.A.T.P. (Certificat d'Aptitude Technique et Professionnelle). Il fait d’abord une année sur un régime d’école à plein temps, et ensuite 2 années sur base d’un contrat d’apprentissage en entreprise.
Quant à l'élève qui n’a pas accompli le niveau de 9e secondaire technique mais qui fait néanmoins preuve de capacités manuelles adéquates, il pourra obtenir le C.C.M. (Certificat de Capacité Manuelle) moyennant un apprentissage de 3 années en entreprise sur base d'un contrat d'apprentissage.
La formation pour le brevet de maîtrise est possible après l’obtention du CATP et 3 années de pratique professionnelle dans la branche (âge minimum : 21 ans). Le brevet de maîtrise donne droit à l’indépendance professionnelle et à la formation d’apprentis.


Alain Kutten




« Actuellement, un peintre qualifié a 9 chances sur 10 d’être recruté »


Alain Kutten


Pour en savoir plus sur la réalité du métier de peintre et la situation du marché au Luxembourg, nous nous sommes entretenus avec Alain Kutten, vice-président de la Fédération des Patrons Peintres et Vitriers du Grand-Duché de Luxembourg et président de la Commission d’examen en fin d’apprentissage (CATP). Pour Alain Kutten, une chose est sûre, « le secteur embauche actuellement, et fortement ! »


Quelle a été l’évolution du métier de peintre ces dernières années ?
« Comme dans tout l’artisanat, le métier de peintre a fortement évolué en termes de techniques et de produits. Étant donné le coût des heures de main‑d’œuvre, il y a aussi une volonté de travailler toujours plus efficacement et rapidement, surtout dans des chantiers d’envergure.
En parallèle avec ce type de pressions, on assiste aussi à la renaissance de techniques anciennes mais qui emploient des matériaux modernes, plus faciles d’application et moins nocifs. En général, le peintre se spécialise de plus en plus dans certains domaines, tout en étant amené parfois à réaliser certaines tâches complémentaires. Certains sont plutôt axés sur la restauration de monuments ou d’immeubles anciens. D’autres s’occupent plus spécifiquement de façades, d’autres sont impliqués dans des grands chantiers et d’autres encore chez le particulier. La spécialisation en fonction de l’activité de l’entreprise est un aspect important du métier. Dans certaines situations, c’est l’efficacité et le rendement qui vont primer, dans d’autres la précision et la créativité. »

Le métier de peintre

Que dire sur la sécurité du métier de peintre ?



Les fabricants professionnels réduisent le plus possible le taux de solvants dans la composition chimique des peintures, principalement suite à une directive européenne portant spécifiquement sur les solvants et les composés organiques volatils (COV). Cette législation, parue en avril 2004, rend obligatoire la diminution progressive de la teneur en composés organiques volatiles (COV) dans les peintures. La directive prévoit des valeurs-limites pour les émissions et prône le remplacement des solvants nuisibles pour l’homme ou l’environnement par des produits moins nocifs, avec deux échéances principales: le 1er janvier 2007, puis le 1er janvier 2010. Au-delà de cette deuxième date butoir, les émissions de COV dans les peintures devront être réduites de 50% par rapport à leur niveau de 1990.
Outre la question de la chimie, le peintre doit respecter des règles précises de sécurité en fonction de ses situations de travail. Par exemple, il doit se munir de gants et d’un masque de protection respiratoire quand il travaille en pulvérisant de la peinture sur des supports tels que des radiateurs ou des portes. Quand il travaille en hauteur sur des échafaudages, il doit être particulièrement attentif aux consignes réglementaires de sécurité. Les très fréquents contrôles de l’ITM ont pour objectif de sécuriser les chantiers au maximum.
On peut observer par ailleurs la progression très nette de l’esprit ‘bio’ dans les matériaux et produits utilisés dans les travaux de peinture. Il existe actuellement un très grand choix de peintures naturelles, biodégradables, de bonne qualité et qui ont un bon pouvoir couvrant. Leur prix étant parfois légèrement supérieur à celui des substances synthétiques, c’est souvent au client qu’il revient de décider de les utiliser.


Les secteurs du bâtiment et de la décoration embauchent-ils beaucoup ? Si oui, avec quel niveau de qualification ?
« Le secteur embauche, bien entendu. Je crois qu’en 15 ans, on a doublé le nombre de peintres actifs. Le problème auquel nous avons à faire face est qu’après leur formation, une grande partie des peintres décorateurs qualifiés ne restent pas dans le secteur privé mais acceptent des postes dans les services d’entretien auprès de l’État, des communes ou d’autres grands organismes étatiques. Ce qui explique qu’actuellement l’embauche, en peintres qualifiés, se fait essentiellement sur des marchés frontaliers, surtout en France et en Allemagne.
Il faut considérer par ailleurs que le client est de plus en plus exigeant, dans ses choix comme dans la qualité d’exécution des travaux, et que par conséquent, on ne peut plus se permettre de réaliser des commandes sans disposer du personnel compétent. La qualification demeure un mot-clé pour l’avenir.
Quelqu’un qui détient une qualification, par exemple un CATP ou un CCM, aura toujours au minimum un entretien d’embauche s’il se présente auprès d’une entreprise, et neuf chances sur dix d’être recruté. Il y a un besoin très fort dans le marché pour des travailleurs qualifiés. »


Le métier de peintre
Le métier de peintre est-il attractif aux yeux des jeunes ? Suscite-t-il beaucoup d’intérêt ?
« Parmi tous les métiers de l’artisanat, celui de peintre compte le plus grand nombre d’apprentis par an. Ainsi, 35 élèves ont suivi le 1er cycle d’apprentissage de l’année scolaire écoulée, au Lycée technique du centre à Limpertsberg. À partir de la rentrée scolaire 2007/2008, une nouvelle classe supplémentaire pour le métier de peintre fonctionnera au nouveau Lycée du Nord (NOLY) à Ettelbrück/Diekirch. Il y a lieu de signaler qu’une réforme de l’apprentissage professionnel est en préparation, faisant l’objet de nombreuses discussions entre le secteur artisanal et les diverses autorités ministérielles. Cette nouvelle législation, qui pourra devenir effective dans quelques années, ira dans le sens d’un régime de modules, afin de permettre aux jeunes de continuer leur formation malgré les difficultés qu’ils pourraient rencontrer dans une discipline particulière.
Le métier de peintre offre de réelles possibilités de carrière, de formation continue et de débouchés sur d’autres activités. Au sein de l’entreprise, il y a une ligne hiérarchique à suivre. D’abord simple peintre qualifié, le travailleur peut, avec l’expérience, devenir chef d’équipe, puis contremaître. La finalité pour beaucoup sera de se mettre à leur propre compte, en créant leur entreprise, ceci bien sûr uniquement s’ils ont passé leur brevet de maîtrise dans le métier. »

Le travail de peintre varie-t-il beaucoup en fonction des tendances ?
« Notre métier est certainement soumis à des fluctuations de mode. De nombreux savoir-faire anciens sont remis au goût du jour, associés à des outils et matériaux nouveaux – des techniques de trompe-l’œil, le faux marbre, le faux bois, le stuc vénitien. Les patines ou les applications à éponges, tombées en désuétude dans les années 1970, sont à nouveau fort prisées. Le papier peint revient également à la charge, mais avec des dessins et textures plus au goût du jour. Le peintre doit être attentif à ces effets de mode, mais il garde une grande marge de créativité, étant donné le choix considérable de couleurs, de matériaux et de techniques. »

Le métier de peintre est-il ouvert aux femmes ?
« Certainement, le métier de peintre décorateur est d’ailleurs l’un des métiers de l’artisanat qui attirent le plus de femmes depuis 4 ou 5 années. Au niveau des classes d’apprentissage, on compte en général 5 à 6 filles sur 50 élèves. Les femmes ont deux qualités ‘innées’ très avantageuses pour exercer ce métier : la créativité et le sens des couleurs et des harmonies.
Il est cependant dommage que les peintres femmes arrêtent le métier après quelques années. On espère que dans l’avenir elles seront plus nombreuses à persévérer. »

La Fédération des Patrons Peintres et Vitriers du Grand-Duché de Luxembourg



La création de la fédération remonte à l’année 1900, lorsque ses fondateurs reconnaissent l’importance de se réunir en association. Le but de la fédération est de défendre et représenter les intérêts des patrons peintres et vitriers au Luxembourg, au niveau politique, social et économique. La fédération compte 136 membres affiliés en 2006 sur 185 entreprises (peintres-décorateurs et vitriers-miroitiers) inscrites au rôle artisanal de la Chambre des métiers qui emploient près de 1.800 personnes.

On compte parmi les activités de la fédération les tâches suivantes :
  • la négociation des conventions collectives de travail dans le métier
  • la participation active à la formation des apprentis et des candidats au brevet de maîtrise
  • la participation aux foires et aux expositions internationales et régionales.
Président : Michel Mannes
Vice-président section peintres : Alain Kutten
Vice-président section vitriers : Raoul Origer

Adresse : 2, Circuit de la Foire Internationale
L-1016 Luxemburg
Tél. (+352) 42 45 11 - 1
www.peintres.lu
Magazine Wunnen
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