Inscription à la newsletter :

Article publié le 25 janvier 2010 - Wunnen n° 17 - février-mars 2010

02.04.2010

Ils ont bâti les pyramides, ils bâtissent le monde de demain

Le métier de maçon

Le métier de maçon


C’est l’un des métiers les plus anciens, les plus visibles et, paradoxalement, les moins mis en avant dans nos sociétés actuelles. Depuis des temps immémoriaux, le maçon est le bâtisseur par excellence, celui qui a édifié les pyramides, les châteaux et les cathédrales.
Le métier a traversé les siècles et gardé son geste le plus élémentaire, qui consiste à façonner la terre et la pierre pour ériger des murs, tout en se transformant profondément grâce à l’introduction de nouveaux matériaux, de machines et de technologies plus sophistiquées. L’utilisation de pierres de grand format, d’éléments préfabriqués et d’engins de chantier modernes caractérisent le travail sur les chantiers actuels.
De nos jours, plus que jamais, le maçon a un bel avenir devant lui. La construction entre en première ligne dans les visées du développement durable, et le maçon est directement confronté, dans ses tâches quotidiennes, à des procédés et matériaux innovants, plus respectueux de l’environnement. La formation se révèle indispensable, tant pour son évolution professionnelle que pour l’excellence de ses ouvrages.

Un professionnel qualifié du gros oeuvre


Le maçon est un professionnel qualifié du gros œuvre du bâtiment. Il met en place les éléments porteurs de la construction : les fondations, la façade, les murs, les planchers, les cloisons. Il travaille le béton, le ciment, les parpaings, la brique, la pierre, les résines et les nouveaux matériaux. Selon la taille et l’activité de l’entreprise, il peut intervenir, soit sur des petits chantiers – maisons particulières, rénovations -, soit sur de gros chantiers de construction ou de travaux publics. Il peut aussi s’investir dans la restauration du patrimoine, maîtrisant dans ce cas des techniques issues des savoir-faire ancestraux et participant à la réalisation d’éléments de décoration.
Le maçon travaille essentiellement au sein d’une équipe ayant plusieurs spécialistes. Il est souvent amené à coordonner son travail avec d’autres corps de métiers, tels que les électriciens, les peintres, les chauffagistes….

Le métier de maçon

Être autonome et travailler en équipe


Le métier de maçon demande à la fois d’être autonome et d’être capable de travailler en équipe. C’est un emploi qui exige une bonne condition physique, de l’endurance ainsi que de la polyvalence pour pouvoir effectuer des manutentions ou travailler en hauteur. Il doit également être capable de supporter les contraintes météorologiques : chaleur en été, froid en hiver, pluie… Le maçon doit avoir le sens du travail bien fait, il doit être rigoureux, efficace et méthodique et savoir respecter les consignes des plans proposés. De plus, il doit impérativement observer les consignes de sécurité sur le chantier, par le port notamment de diverses protections comme le casque, la combinaison, les gants et les chaussures de sécurité.

Les travailleurs qualifiés sont recherchés


L’accès au métier de maçon, au niveau des postes de manœuvre, peut se faire sans qualification spécifique. Cependant, les employeurs sont de plus en plus à la recherche de travailleurs qualifiés et favorisent également la formation continue du personnel.
En fonction de ses qualités professionnelles, le maçon peut évoluer dans l’entreprise et accéder à des postes de responsabilité.


Informations : Chambre des métiers de Luxembourg www.cdm.lu
Ministère de l’Education nationale www.men.lu
Institut de formation sectorielle du bâtiment www.ifsb.lu
Prises de vues effectuées avec l’aimable collaboration de l’entreprise Félix Giorgetti.




Le métier de maçon

« Je suis assez confiant que le marché va reprendre et que le « job motor » de la construction va redémarrer. »


Roland Kuhn, président de la Fédération des entrepreneurs de construction et président de la Chambre des métiers




Le métier de maçon
Wunnen : Quelle est l’importance du maçon dans un projet de construction ?
Roland Kuhn : Le maçon tient un rôle éminent dans chaque projet de construction. Son travail commence dès que le chantier a été décidé. Il étudie les plans, réalise le traçage, coule les fondations et construit les murs. Même dans le cadre de projets réalisés en métal ou en bois, il y a toujours des dalles et des cages d’escalier à confectionner et des murs intérieurs à construire. En fonction de la taille de l’entreprise ou du chantier, le maçon sera également amené à réaliser des coffrages ou à poser des éléments préfabriqués. Le maçon, ou plutôt l’équipe de maçons est au cœur du chantier. Etant donné qu’ils sont les premiers à intervenir, ils portent aussi une part de responsabilité quant au respect des délais.

Le métier de maçon

Une formation ciblée


L’Institut de formation sectoriel du bâtiment (IFSB) propose un programme de formation destiné aux ouvriers et au personnel d’encadrement du secteur du BTP (bâtiment et travaux publics). Pour chaque métier, l’IFSB élabore une palette de modules de formation avec différents niveaux. L’objectif est d’adapter les connaissances et le savoir-faire du personnel aux nouvelles exigences techniques du secteur.

Le planning des formations peut être consulté sur le site www.ifsb.lu

Le métier est-il suffisamment valorisé ?
Du point de vue historique, je dirais que l’image du métier de maçon a quelque peu souffert au fil du temps. Depuis la nuit de temps, se loger est un besoin primaire des gens. La construction a également joué un rôle central dans un contexte politique et religieux. Celui qui pouvait faire construire, détenait le pouvoir. C’est pour cela que ceux qui avaient le savoir-faire nécessaire, donc les bâtisseurs, étaient très estimés. Aujourd’hui, le travail manuel en général n’a plus tellement la cote, et la plupart des gens veulent plutôt travailler dans un bureau. Cependant, il ne faut pas oublier qu’une personne qui a appris un métier est souvent plus à l’abri des aléas conjoncturels et du chômage qu’une personne qui travaille dans une banque, par exemple.

Les nouveaux chantiers amènent certainement de nouveaux défis …
Oui, le métier a évolué au cours des dernières années. Tout le volet sécurité-santé sur le lieu du travail s’est considérablement amélioré. Les défis des nouveaux chantiers ont pour objet la performance énergétique et l’intégration de nouveaux matériaux, qui ont très souvent un caractère écologique. On parle donc d’écotechnologies, d’isolation thermique et phonique, d’éléments préfabriqués qui garantissent une bonne qualité de vie pour les habitants et une certaine rapidité d’exécution. Un projet de construction n’est donc plus simplement un assemblage de pierres et de matériaux, mais la transposition d’un concept.

Le métier de maçon
Comment un maçon peut-il évoluer dans l’entreprise, en termes de qualification et de carrière ?
Rappelons d’abord que la maçonnerie est un métier qui s’apprend. La première qualification est le CATP qui peut être suivi d’une maîtrise, voire d’un diplôme de formation supérieure. Après quelques années d’expérience, le maçon peut devenir chef d’équipe, puis chef de chantier selon les termes prévus dans la convention collective de travail. Par ailleurs, le maçon peut s’installer à son compte et créer sa propre entreprise.

Le marché est-il en manque de maçons, qualifiés ou non ?
Les entreprises sont toujours à la recherche de gens qualifiés. Grâce à notre Institut de formation sectoriel du bâtiment, nous sommes en mesure de qualifier nos collaborateurs dans nos entreprises. En raison de la crise que nous vivons actuellement, les entreprises hésitent quelque peu à augmenter leurs effectifs. Je suis cependant assez confiant que le marché va reprendre et que le « job motor » de la construction va redémarrer.
Photos : P. Lobo
Magazine Wunnen
www.wunnen-mag.lu | info@wunnen-mag.lu