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Article publié le 19 juin 2009 - Wunnen n° 14 - juillet-août 2009

12.07.2009

La façade : beaucoup plus que de la décoration

Le métier de façadier

Le métier de façadier
La façade est l’une des premières choses que l’on voit d’une maison ou d’un immeuble. Elle est son visage, sa carte de visite, la première impression offerte. L’un des défis que doit relever le façadier est d’embellir la surface, de lui donner du style et de la personnalité. Mais sa tâche va beaucoup plus loin que de faire de la décoration.


C’est la façade qui force l’admiration des passants ou, au contraire, leur indifférence. Par ailleurs, plusieurs façades mises côte à côte définissent l’esprit d’une rue, d’un quartier, d’une ville. Toute façade doit donc se concevoir en fonction d’un immeuble et d’une habitation, mais elle doit également tenir compte de son intégration dans un tout homogène et cohérent. De là l’importance de veiller à sa belle présentation.
Cependant, la façade a également des fonctions de protection et d’isolation qui influent sur le confort des occupants, la consommation énergétique et la longévité de la construction.
Les interventions du façadier sont ainsi très variées et requièrent à la fois savoir-faire, adresse et créativité. Son travail consiste à enduire, construire et revêtir des murs, plafonds et façades avec des matériaux naturels ou synthétiques. Il est également amené à refaire et à restaurer des bâtiments, à l’intérieur et à l’extérieur. Grâce à des enduits imperméables, il apporte étanchéité et finition aux murs. Le façadier peut passer du ravalement de la pierre de taille à l’isolation et au bardage. À mi-chemin entre le gros œuvre et la finition, il intervient dans tous les aspects de la façade.

Nature du travail


Une fois l’échafaudage en place, le façadier protège soigneusement portes et fenêtres.
Avec l’apport de mortiers industriels, il lui est possible de mettre en œuvre des produits prêts à l’emploi, avec une sécurité de mélange, tout en conservant l’esprit de la tradition et les règles de l’art. Il peut également être amené à fixer, par collage et chevillage, des plaques d’isolation thermique, à appliquer des produits liquides d’étanchéité, à fixer des accessoires décoratifs d’encadrement de fenêtres et de portes, à restaurer de vieilles façades, etc.

Conditions de travail


Le façadier exerce son activité à l’extérieur, sur des chantiers de constructions neuves ou de rénovation. Il travaille la plupart du temps en hauteur, sur des échafaudages. Le façadier intervient, le plus souvent, au sein d’une équipe. Les horaires de travail doivent parfois s’adapter aux contraintes techniques et météorologiques (temps de séchage, reprises, intempéries). Il est tributaire du temps. D’un côté, l’humidité change les couleurs, de l’autre, l’enduit peut avoir des difficultés de sécher à cause des fortes pluies, du brouillard ou du gel. Le façadier travaille donc idéalement par temps sec.

Formation


L’accès au métier de façadier passe par un apprentissage comprenant une formation pratique en entreprise et une formation générale dans un lycée technique (formation initiale). Cet apprentissage peut être suivi d’une formation menant au brevet de maîtrise.

Informations : Chambre des Métiers du Grand-Duché de Luxembourg
www.cdm.lu
Ministère de l’Education nationale www.men.lu


Le métier de façadier




« La façade n’est pas un maquillage, c’est un miroir, une carte de visite. »



Folco Tomasini, président de la Fédération des patrons plafonneurs façadiers du Luxembourg



Le métier de façadier
WUNNEN : Quel est le pouvoir de la façade ?
Folco Tomasini : « C’est une question très sérieuse. La façade, c’est la représentation, la carte de visite de la maison. La façade n’est pas un maquillage, c’est un miroir. La façade contribue certes à l’embellissement, mais la fonction essentielle de l’enduit porte avant tout sur la protection de la maçonnerie contre la détérioration induite par les facteurs climatiques, pluie, gel, vent, soleil. Pour protéger la maison de l’humidité, l’enduit doit être imperméable et rester en contact avec l’air. Pour ne pas perdre ses qualités et ne pas se détériorer, l’enduit doit pouvoir respirer. Si vous mettez tout simplement de la peinture sur une façade ancienne, vous étouffez l’enduit et il se dégradera forcément. »

Quelles sont les aptitudes et connaissances requises pour le métier de façadier ?
« Devenir façadier, cela signifie embrasser un métier à part entière. Pour cela, il faut deux choses élémentaires, avoir un bon maître et avoir envie d’apprendre. C’est un métier qu’il ne faut surtout pas confondre avec celui de peintre, car les qualifications sont spécifiques et, en plus, le peintre ne sait pas manipuler les mortiers, qui sont les matériaux de base du façadier. Il est important de distinguer les différents supports. Avec l’évolution des temps, qui passe par les enduits traditionnels, il y a aussi l’évolution des matériaux. La restauration des vieilles maisons de maître ou d’anciennes fermes en est la preuve. »
Est-ce que la tradition influe sur le choix des produits et de la technique ?
« Toute habitation est chargée d’histoire, de culture et, donc, de tradition. Celle-ci se transmet notamment par la façade, au travers de son esthétique, de ses matériaux et du savoir-faire du façadier. Ce respect de la tradition existe encore à notre époque, que ce soit dans la construction neuve, la rénovation ou la restauration. Cependant, respect de la tradition ne veut pas dire pour autant immobilisme ou reproduction du passé. Aujourd’hui, il faut tenir compte de nouvelles contraintes qui sont les suivantes :
  • la productivité : l’économie de temps et d’argent
  • la sécurité et fiabilité des produits
  • la durabilité : les produits doivent tenir longtemps et s’adapter à de multiples supports
  • l’évolution des goûts et des modes.
Bref, le façadier ne peut atteindre les performances qu’on attend de lui que par une bonne connaissance des matériaux, liants et adjuvants chimiques, ainsi que par la maîtrise absolue de son métier. »


Le métier de façadier
Que pensez-vous des constructions modernes ?
« Une des tragédies de la construction moderne est d’avoir supprimé l’ornement. Si vous regardez la ville à partir de votre maison, n’oubliez pas que la ville regarde votre maison ! La tendance aujourd’hui va vers le préfabriqué, le travail se fait de plus en plus avec des machines qui projettent le mortier sur des murs préfabriqués. Conséquence : le travail est vite fait à moindre coût, mais aussi bien sûr à moindre qualité. Mais ces procédés semblent inévitables au vu de l’évolution de la situation. »

Quel message voudriez-vous transmettre aux façadiers actuels et futurs ?

« D’un côté, une constatation positive s’impose : l’avenir du métier semble assuré au vu des chantiers en cours et programmés. Quoi qu’il arrive, chaque métier de l’artisanat a un débouché, aujourd’hui comme toujours, parce qu’il répond à des besoins réels de la communauté humaine. Cela dit, comme il en va pour toutes les branches du secteur du bâtiment, la profession souffre par une insuffisance de main-d’œuvre qualifiée. De mon point de vue, si l’on veut stimuler de nouvelles vocations, il faut commencer à orienter les jeunes dès les premières années de l’école primaire, et leur ouvrir les yeux sur un savoir-faire qui leur garantira une vie professionnelle réussie. Tant les enseignants que les parents devraient parler de ces métiers de façon positive et encourageante, car ils sont un choix enrichissant et sécurisant pour l’avenir des enfants.
Cette sensibilisation précoce est d’autant plus nécessaire dans le cas du façadier dont l’activité reste méconnue. C’est un travail qui s’exerce souvent à l’extérieur, le façadier est exposé aux intempéries mais il profite aussi du beau temps, il doit être insensible au vertige. Mais c’est un travail passionnant, qui se fait en équipe et qui permet aux bâtiments de retrouver une nouvelle jeunesse. Le soir après une journée de travail, les façadiers ont la satisfaction d’un ouvrage bien fait et d’avoir modelé à leur échelle un paysage, grâce par exemple à des maisons bleues, rouges ou jaunes… L’objectif étant de toujours progresser vers la qualité, car il n’y a que la qualité qui prime. »

Fédération des Patrons Plafonneurs et Façadiers
2, Circuit de la Foire Internationale
L-1347 Luxembourg
Tél. 42 45 11-1
Magazine Wunnen
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