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Article publié le 27 juin 2008 - Wunnen n° 8 - juillet-août 2008

27.06.2008

Installateur sanitaire et climatique

Le bon tuyau

Le bon tuyau
L’installateur sanitaire est chargé de mettre en place tous les éléments nécessaires au fonctionnement d’un équipement sanitaire ou de chauffage. C’est grâce à son travail qu’une habitation fournit un bon degré d’hygiène et de confort. Mais le métier d’installateur sanitaire aujourd’hui implique beaucoup plus que de faire des saignées dans un mur ou de réparer une tuyauterie. C’est un savoir-faire moderne aux mille facettes qui doit être en phase avec les nouvelles technologies de l’habitat et la nouvelle conscience environnementale.

Que fait l’installateur sanitaire ?


L’installateur sanitaire travaille d’après des plans pour décider du parcours des tuyauteries en fonction de l’emplacement des appareils. Ses installations servent à l’approvisionnement des habitations en gaz, nécessaire à la cuisson et au réchauffement, ainsi qu’en eau potable et sanitaire. Il perce les planchers, murs et cloisons pour ménager le passage des conduites. Il façonne les tuyaux en les cintrant pour les raccorder aux équipements et il s’assure du bon fonctionnement de l’ensemble. Outre ces activités principales de montage de tuyauteries et d’installation des équipements sanitaires, l’installateur se voit de plus en plus confronté à des missions particulières. Il doit notamment être en mesure de sélectionner les chauffe-eau, boilers électriques ou chauffe-eau à gaz adéquats pour eau courante. Il peut être amené à travailler sur des installations de récupération d’eaux de pluies, ou sur des systèmes pour l’élimination des eaux usées.
Le bon tuyau

Conditions de travail


Le métier implique des interventions en construction neuve ou en rénovation. Dans le premier cas, il exige une bonne coordination avec les autres corps de métier. Dans le second, il est soumis aux exigences des habitants, qui veulent très vite retrouver l’usage de leurs sanitaires. L’activité implique des manipulations répétées de charges lourdes et importantes. Il est essentiel de respecter strictement les normes de sécurité, non seulement par rapport au travail sur le chantier, mais aussi en garantissant au maximum des installations libres de tout danger pour l’utilisateur.

Connaissances et aptitudes


L’installateur sanitaire doit avoir de la méthode, de l’initiative et être doté d’une bonne forme physique. Il doit pouvoir travailler en équipe, faire preuve de logique dans le suivi de son travail, avoir une compréhension technique des chantiers et la faculté de représentation dans l’espace. Le sens de l’organisation est tout aussi important que la capacité d’agir de façon autonome à des moments donnés. L’installateur doit toujours veiller à sa sécurité et à celle de ses collègues, en respectant strictement les normes en vigueur. Enfin, il doit avoir conscience des enjeux environnementaux.

Formation


Le jeune intéressé par le métier d’installateur sanitaire et climatique peut suivre, après la 9e secondaire technique, une formation professionnelle sur trois années sur base d’un contrat d’apprentissage en entreprise, une formation qui conduit au C.A.T.P. (Certificat d’aptitude technique et professionnelle). S’il n’a pas accompli la 9e secondaire technique, il peut espérer obtenir le C.I.T.P. (Certificat d’initiation technique et professionnelle) moyennant un apprentissage de deux années en entreprise. Une fois son CATP dans la poche et après trois années de pratique professionnelle, il peut suivre la formation du brevet de maîtrise afin de pouvoir créer sa propre entreprise.


Infos : Chambre des Métiers du Grand-Duché de Luxembourg
Ministère de l’Education nationale

Photos : Laux & Meurers, Stadtbredimus (M. Haimo Dohr intervenant sur un chantier de salle de bains)





Le bon tuyau

« Je pense que les jeunes devraient être plus informés des opportunités et de la diversification qu’offre le métier. »




Claude Schreiber, président de la Fédération des Installateurs en Equipements Sanitaires et Climatiques (F.I.E.S.C.)





WUNNEN : Dans quels domaines le professionnel en installations sanitaires et climatiques est-il amené à travailler ?

C. Schreiber : « Le professionnel peut être amené à intervenir de multiples façons, dans le cadre des installations de chauffage, ventilation, sanitaire, climatisation et froid, sans oublier d’autres volets comme l’énergie solaire, la géothermie, le bois, la piscine, la gestion d’énergie.
Tout ce qui concerne la conception et la planification des travaux se réalise dans les bureaux : dessins, calculs, commandes, plans de sécurité pour le chantier, etc. Ensuite, il y a la phase de la réalisation et des installations techniques. Les travaux peuvent se faire dans les contextes les plus variés : chez le particulier, au sein des entreprises privées ou publiques, dans les administrations, dans les secteurs industriel et agricole (installation de chauffage à la biomasse), dans le bâtiment. L’installateur sanitaire et climatique est également chargé de la surveillance et de la maintenance des systèmes et équipements. Il doit toujours être à l’affût des dernières technologies afin de proposer des adaptations et modernisations en termes d’économie, de sécurité, de fonctionnement. »

Le bon tuyau
Installation de chauffage au sol
Le métier a-t-il beaucoup changé au cours des années ?
« Le métier subit une évolution permanente, surtout depuis l’ouverture, depuis quelques années, du marché de l’énergie renouvelable. Il faut avoir une bonne connaissance de l’offre qui existe de nos jours en matière d’installations à haut rendement énergétique. En ce qui concerne les anciennes techniques, la base de la conception est encore partiellement d’usage, mais l’exécution doit se faire en recourant à des matériaux, à des technologies et à des règles de l’art modernes. Notre métier doit toujours être attentif à l’évolution des modes de vie et des besoins, afin d’être en phase avec la réalité et les exigences du bâtiment et de l’architecture d’aujourd’hui. » 

Comment les considérations d’ordre environnemental influent-elles sur la nature du métier ?
« L’environnement joue un rôle important dans notre métier, comme dans la plupart des autres secteurs du bâtiment. C’est dans un souci de préservation de l’environnement que nous pouvons être amenés, par exemple, à installer une chaudière à condensation. Ou bien mettre en place des systèmes de récupération des eaux de pluie ou un système de ventilation contrôlée dans un bâtiment. »

Est-ce un métier de création ou un métier d’exécution ?
« C’est un métier multi-facettes qui allie les capacités d’observation, de réflexion et de création. Il faut être capable de trouver la technologie la mieux adaptée pour un cas de figure donné. Les installations doivent satisfaire à la fois à la cohérence architecturale du bâtiment, au confort des habitants et aux exigences environnementales. C’est un des métiers les plus passionnants du bâtiment, toujours en mutation et dans lequel on peut laisser libre cours à sa créativité sans limites. »

Comment se présente le secteur des entreprises au Luxembourg ?

« Il y a environ 450 à 500 entreprises qui sont actives au Luxembourg dans le secteur, en comptant les entreprises frontalières. 40% des entreprises emploient entre une et neuf personnes, 40% entre dix et 49 personnes et 20% occupent plus de 50 personnes. Malheureusement, le nombre des salariés luxembourgeois est en régression constante, et cela malgré la diversification du marché. Les entreprises doivent miser sur trois facteurs : la recherche permanente de nouvelles technologies, la formation continue et le recrutement de jeunes qui ont une bonne qualification de base, afin de les former de façon plus spécialisée en rapport avec des technologies évoluées. »

Le marché est-il en demande de professionnels qualifiés ? 
« Oui, actuellement, la demande est plus forte que l’offre en personnel qualifié. Nous déplorons ainsi que les Luxembourgeois soient peu nombreux à s’intéresser au métier. La majorité des salariés sont des frontaliers qualifiés dotés d’une bonne expérience. Le développement rapide du secteur des énergies renouvelables conduit à ce que les besoins en personnel qualifié ne font qu’augmenter. Il y a donc un défi immense à trouver les travailleurs qualifiés qui pourront répondre aux travaux sollicités. »

Le métier attire-t-il les jeunes ?
« Le métier attire des jeunes, mais pas en nombre suffisant pour couvrir tous les besoins et activités. Je pense que les jeunes ne sont pas conscients des opportunités et de la diversification qu’offre le métier. Il ne s’agit plus du tout de faire des saignées dans le mur pendant toute une vie. C’est devenu un métier très moderne et propre, dans lequel les applications informatiques jouent un rôle déterminant. Dans de nombreux cas, les conditions de travail et la rémunération sont similaires à celles des organes étatiques ou communaux. En s’engageant dans un métier comme celui-ci, on peut donner un vrai sens à sa vie professionnelle et participer activement à la protection de l’environnement. C’est un métier qui peut aisément séduire les femmes, car c’est un métier créatif, engagé, toujours surprenant. »


Le bon tuyau






Il faut prendre soin de bien former les jeunes apprentis



Comment susciter de nouvelles vocations ?
« Une formation supplémentaire est actuellement en préparation - ‘Techniker der energetischen und technischen Gebäudeausrüstung’ (ETG) -, en collaboration avec le ministère de l’Education nationale, qui servira également d’intermédiaire, via le CPOS (l’organisme de repère pour les Services de psychologie et d’orientation scolaires SPOS), entre notre fédération, les lycées techniques et l’APEL (Association des patrons électriciens du Luxembourg). C’est une formation qui vise un niveau élevé de qualification. Pour y accéder, l’étudiant en 9e polyvalente devra avoir une moyenne d’au moins 38 points en mathématique. La durée de la formation sera de quatre années. Une passerelle d’accès sera possible vers le CATP installateur ou électricien. La formation sera à plein temps, avec des stages en entreprise. Elle donnera également accès au brevet de maîtrise installateur/électricien et aux études supérieures. La formation devrait être initiée en septembre 2009. »

Le métier offre-t-il des opportunités de carrière ?
« Notre métier offre une multitude de possibilités de carrière. Après avoir obtenu le CATP, le jeune peut faire un brevet de maîtrise, voire obtenir le diplôme ‘ETG’, diplôme qui ouvrira la porte vers des études supérieures et permettra de travailler par la suite par exemple dans le management énergétique. Le brevet de maîtrise permet au jeune de créer sa propre entreprise et d’évoluer dans le domaine qu’il aura choisi lui-même. Il pourra être créateur et concepteur de ses propres projets et idées. Que veut-on de plus dans la vie ? Le chemin du succès et de la réussite demande certes des efforts, mais cela en vaut la peine. »


Photos : C.Schreiber



La Fédération des Installateurs en Equipements Sanitaires et Climatiques (F.I.E.S.C.)
La Fédération des Installateurs en Equipements Sanitaires et Climatiques (F.I.E.S.C.) a été fondée le 26 décembre 1904. En 1908, la Caisse de Décès de la fédération était créée et 8 ans plus tard, en 1916, le premier contrat d’apprentissage était établi. En 1967, la branche connaissait son premier congé collectif du 1er août au 15 août. Aujourd’hui, la FIESC compte 173 entreprises, parmi lesquelles 22 sont étrangères. Le secteur emploie près de 4.000 salariés. La taille des entreprises varie de 1 à 300 personnes. Elles couvrent les domaines suivants : chauffage, ventilation, climatisation, sanitaire, frigorifique. La FIESC comprend la section Sanitaire, la section Chauffage et la section Frigoriste, chaque section étant représentée dans le Comité central. La FIESC a pour mission principale de garantir au public de bénéficier en toute occasion de prestations de grande qualité, dans le respect de règles précises et de valeurs propres aux métiers qu’elle rassemble. Concrètement, la F.I.E.S.C.
  • veille au respect de l’honneur professionnel des métiers d’installateurs sanitaires et climatiques pour conserver intacte la réputation de probité qui caractérise l’artisanat luxembourgeois dans son ensemble
  • cherche à promouvoir la solidarité et la collaboration entre ses membres en vue d’offrir à chaque client un service à la hauteur de ses exigences
  • contrôle l’accès aux métiers d’installateur, depuis le grade d’apprenti jusqu’à la maîtrise
  • défend les intérêts professionnels, économiques et sociaux de ses membres.
Pour remplir ses différentes missions, la FIESC travaille en étroite collaboration avec la Fédération des Artisans.
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