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Article publié le 11 septembre 2009 - Wunnen n° 15 - septembre-octobre 2009

02.11.2009

Les figures en noir qui portent bonheur

Métier : Fumiste-ramoneur

Métier : Fumiste-ramoneur
C’est l’un des métiers qui marquent le plus l’imaginaire collectif. Pour beaucoup, le ramoneur reste le bonhomme en noir avec son chapeau haut-de-forme, son échelle et son hérisson, qui se promène sur les toits et nettoie les cheminées, une figure pittoresque traditionnellement assimilée à un porte-bonheur. Ce qui est logique, car le ramoneur a toujours contribué à prévenir les feux de cheminée.

Au Grand-Duché, le métier de ramoneur est le plus souvent associé à celui de fumiste. Le programme de formation conduit d’ailleurs à la qualification double de fumiste-ramoneur.

Nature du travail


Le travail du ramoneur consiste à nettoyer la paroi intérieure du conduit afin d’en éliminer les suies et dépôts et de permettre le passage de la fumée. Le fumiste installe et répare des conduits de cheminée et de chauffage.
Le fumiste-ramoneur nettoie les chaufferies, les cheminées, les pièces de raccord et de foyers. Il procède à la vérification des cheminées et foyers, notamment en matière de sécurité contre l’incendie. Il est également conseiller en technique du chauffage, pouvant effectuer des expertises de chaufferies, d’installations d’évacuation d’air, etc. Il prend en charge les contrôles qui découlent de la protection incendie, sur mandat des assurances immobilières.
Une des missions principales du fumiste consiste à vérifier si les chaufferies sont conformes aux dispositions réglementaires en matière d’émissions. Il doit également surveiller les foyers suivant les dispositions réglementaires en matière d’économie d’énergie.
Le fumiste-ramoneur utilise des appareils de ramonage mécaniques, chimiques et électriques, ainsi que des instruments de mesurage de la chaleur, de la pression, des courants et d’autres analyses. Il aide le client à obtenir de son installation une meilleure efficacité énergétique. Ses conseils adéquats dans les relations avec le client constituent une part importante de son travail. Il résout les problèmes techniques en collaboration avec différents corps de métier.

Connaissances et aptitudes


Le fumiste-ramoneur doit connaître les principes de base concernant les techniques de la chaleur et de l’hygiène dans le domaine du chauffage, de la climatisation et de l’alimentation en énergie. Selon les besoins de l’entreprise et des chantiers, il doit également être familiarisé avec la physique du bâtiment, la protection acoustique et la technique du réglage. La protection de l’environnement et les mesures d’économie d’énergie jouent un rôle très important dans le métier de fumiste-ramoneur.
Il est indispensable que le candidat au métier du fumiste-ramoneur ne soit pas sujet au vertige.

Infos : Chambre des métiers de Luxembourg
www.cdm.lu
Ministère de l’Education nationale
www.men.lu


Fred Becker, président de la Fédération des Patrons ramoneurs et ramoneurs-fumistes du Luxembourg





« Le métier demande une grande technicité et un savoir-faire en évolution permanente »



Fred Becker, président de la Fédération des Patrons ramoneurs et ramoneurs-fumistes du Luxembourg





Présentez-nous la Fédération des Patrons ramoneurs et ramoneurs-fumistes
« La Fédération des Patrons ramoneurs et ramoneurs-fumistes a été officiellement créée le 5 mai 1977. Elle comprend aujourd’hui une vingtaine d’entreprises actives dans les domaines du ramonage, de la fumisterie, des poêles, feux ouverts et cheminées. Les objectifs de la fédération portent sur la promotion et défense de ces métiers ainsi que sur le programme de formation qui mène à eux. Le site Internet www.ramoneur.lu, créé en 2006, a pour objectif de promouvoir les services et les prestations du métier de ramoneur auprès du grand public. Il constitue une plate-forme d’informations pour tout visiteur, mais aussi pour chaque membre de la fédération. Nous avons également publié une brochure d’informations à l’intention des architectes et d’autres bureaux d’études afin de faciliter la planification des chantiers. »
Métier : Fumiste-ramoneur

Comment se partage le champ d’activités entre les différents métiers ?

« Fondamentalement, le ramoneur nettoie et assainit, tandis que le fumiste installe et répare des conduits de cheminée. En réalité, les deux métiers sont complémentaires. Alors que dans certains pays comme l’Allemagne, il existe une stricte ligne de partage entre les fumistes et les ramoneurs, au Luxembourg s’est développé le métier de fumiste-ramoneur, qui réunit les deux domaines de compétences. Quant aux professionnels des poêles et feux ouverts, ils s’occupent de l’installation et de l’entretien de ces appareils. »

Le ramonage au Luxembourg est-il obligatoire ?
« Au Luxembourg, les propriétaires ou locataires de maisons sont tenus de faire contrôler et nettoyer leurs cheminées à intervalles réguliers. Cependant, il n’existe pas d’obligation légale contraignante comme en Allemagne, où les particuliers doivent faire établir un certificat de ramonage par un ramoneur agréé. Chez nous, le ramonage et sa périodicité dépendent, d’une part, du sens des responsabilités de l’utilisateur, et, d’autre part, des conditions imposées par l’assureur pour la validation de l’assurance habitation. Négliger de faire ramoner les conduits de cheminée, cela peut avoir à la fois des conséquences négatives sur l’environnement (déperdition de chaleur, consommation de combustible, émissions de CO2) et augmenter les risques de feux de cheminée et d’incendie d’habitation. Pour l’assureur, le défaut d’entretien des cheminées qui conduit à un incendie peut être un motif de non-indemnisation des dommages occasionnés. »

Métier : Fumiste-ramoneur
Comment les considérations énergétiques ont-elles affecté le travail du fumiste-ramoneur ?
« Les installations modernes de production de chaleur à fuel ou au bois nécessitent un nettoyage soigné. L’entretien régulier permet d’économiser le combustible, de sauvegarder l’environnement et d’augmenter la durée de vie des installations de chauffage.
Dans le cas des habitations basse énergie ou passives, les besoins de chauffage sont réduits au minimum. Le ramonage régulier empêche les déperditions de chaleur et permet de garder l’efficacité optimale des appareils. Il est important d’assurer la parfaite étanchéité des foyers et des conduits de cheminée, afin d’éviter des déperditions thermiques et des contacts avec d’autres gainages ou des matériaux comme le bois.
Par ailleurs, alors que le marché de ventilation se trouve en plein essor, les entreprises de ramonage sont de plus en plus sollicitées pour nettoyer et entretenir les conduites d’évacuation d’air. »

Le métier a-t-il changé au cours des années ?
« Le métier demande une grande technicité et un savoir-faire en évolution permanente, mais il comporte toujours une grande part de relations humaines. Autrefois, le ramoneur était considéré comme un simple nettoyeur de gaine, mais aujourd’hui il est devenu expert en rendement de chaudières et tirages de cheminées. Ce n’est plus simplement un bonhomme noir qui se promène sur les toits, mais un technicien équipé d’appareils de mesure et de contrôle, qui sonde dans le moindre recoin les conduits de fumée, établit des diagnostics, propose des solutions et délivre à son client un certificat de ramonage, gage d’une sécurité d’utilisation garantie.
Les récentes évolutions des technologies ont modifié le caractère de la profession. Aujourd’hui, des chauffages complexes sont nettoyés au moyen d’appareils et de matériaux spéciaux. Le nettoyage chimique de la chaudière est à l’ordre du jour. Les travaux se sont déplacés du toit vers le chauffage. Le fumiste-ramoneur doit être au courant des réglementations et prescriptions en matière de protection incendie qui ont évolué en fonction des technologies et de l’accent mis sur les énergies renouvelables.
Ce qui est resté, c’est l’image sympathique du ramoneur en tant que « gardien du foyer » qui assure la sécurité du feu de cheminée. L’outillage a également changé, même si le nettoyage manuel est encore courant, avec l’emploi du hérisson, de la brosse et du grattoir. Mais le ramoneur dispose aujourd’hui de bon nombre d’appareils sophistiqués, de brosses et d’échelles diverses, de caméras vidéo, tout un attirail qu’il transporte dans sa camionnette. »

Métier : Fumiste-ramoneur
Le secteur est-il en manque de professionnels qualifiés ?
« Oui, comme dans la plupart des métiers de l’artisanat, il n’y a pas assez d’apprentis pour satisfaire les besoins du marché. Dès les premières années du primaire, il faut sensibiliser les élèves aux métiers passionnants de l’artisanat. »

Quelle est la périodicité recommandée du ramonage ?

« Les particuliers devraient faire nettoyer leur cheminée principale au moins deux fois par an pour le chauffage au bois, fuel et charbon, et une fois tous les deux ans pour le chauffage au gaz. En conformité avec les prescriptions sur l’hygiène de l’air, les installations de chauffage (gaz, fuel, bois, charbon) doivent être contrôlées régulièrement, afin d’éviter toute nuisance, tels que des résidus d’hydrocarbures, de la suie ou du goudron et d’éventuelles pertes au niveau de rendement. »

Quand faut-il penser à faire ramoner sa cheminée ?
« Il convient généralement de faire ramoner les cheminées avant qu’elles ne reprennent du service au mois de septembre, avec l’arrivée de la pluie et des premiers coups de froid. Comme la demande est forte à cette période-là, il est avantageux de fixer le rendez-vous suffisamment à l’avance. Ramoner est un acte préventif essentiel. Chaque année, on dénombre des milliers d’intoxications et des centaines de décès dans le monde liés au monoxyde de carbone (CO), un gaz incolore, inodore et mortel. Avant la première flambée, le ramonage est un gage de sécurité. Il permet un meilleur fonctionnement des cheminées et met à l’abri de feu et d’intoxication aux monoxydes de carbone. »

Photos : P. Lobo, avec l’aimable contribution de la firme Emile Antony S.à.r.l - Mertert.
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