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Article publié le 7 décembre 2007 - Wunnen n° 4 - décembre-janvier 2007

07.12.2007

Le métier branché

Électricien

Électricien
Il a affaire à l’un des phénomènes physiques les plus surprenants que l’être humain ait réussi à maîtriser. L’électricité, l’électricien doit s’en faire une amie, il doit pouvoir la connaître, la commander et la diriger, tout en se méfiant toujours de ses possibles coups d’humeur.

Le métier d’électricien est fondamental dans la société d’aujourd’hui, et il le sera plus encore certainement dans le monde de demain. L’électricien est celui sans qui rien ne peut marcher, car il amène le courant dans tous les chantiers, habitations et espaces. C’est un savoir-faire qui requiert d’être responsable, concentré et constamment en phase avec les derniers développements technologiques.

Que fait l’électricien ?


Électricien
L’électricien est indispensable pour le bon avancement d’un chantier : c’est grâce à lui que tout le monde peut travailler, car il installe les accès électriques pour faire fonctionner les outillages de tous les corps de métiers. Dans son travail, il doit faire preuve de méthode et de responsabilité et respecter les normes de sécurité.
Le métier d’électricien englobe une multitude de tâches et domaines, des contextes les plus physiques et astreignants aux environnements les plus high-tech. L’importance de l’électricien est capitale dans pratiquement tous les cas de figure de construction : habitations, bureaux, industrie, commerces, spectacles, grands travaux et chantiers, car c’est lui qui installe les accès électriques pour faire fonctionner les outillages de tous les corps de métiers, pour l’éclairage, le chauffage ou le fonctionnement des machines.
Avant toute chose, l’électricien dessine le plan du réseau qu’il va mettre en place. Il tient compte pour cela des demandes de l’utilisateur, des contraintes purement techniques de l’installation et, obligatoirement, des normes de sécurité. Ces plans sont faits au moment de la conception même du bâtiment car certains types d’équipements doivent prévoir les armoires électriques, les passages de câbles et fils. L’électricien peut alors installer les disjoncteurs, les tableaux de commande, les commutateurs, les prises de courant, etc.
Selon les besoins de son entreprise, l’électricien peut aussi exercer d’autres fonctions : installer un réseau d’éclairage public, entretenir ou dépanner une installation défectueuse, etc.
Il peut aussi être amené à assurer le câblage des liaisons informatiques ou de la téléphonie, installer et régler la vidéosurveillance, les systèmes d’alarme, la gestion du chauffage et de la climatisation, etc. Ses activités s’étendent de plus en plus au monde de la domotique.
L’installation de capteurs photovoltaïques et de pompes à chaleur peut également faire partie du domaine d’activités de l’électricien.
Seul ou en équipe, l’électricien se déplace beaucoup, car il travaille essentiellement chez ses clients. Son activité peut également porter sur la maintenance d’appareils ou la réfection d’installations défectueuses.
Son rôle de conseiller est alors particulièrement apprécié : on ne peut pas se permettre de bricoler avec la sécurité dans ce domaine.

Connaissances et aptitudes


Un électricien doit avoir un esprit méthodique et rigoureux. Il doit aussi avoir le goût du calcul et de la physique. Le respect des normes de sécurité est capital. C’est souvent un métier physique, où il faut être habile de ses mains et mobile pour intervenir sur les chantiers.
Il faut aussi des connaissances de base en dessin de bâtiment et en électricité moyenne et basse tension et/ou courant faible, en matériel et normes électriques.
Le métier d’électricien a considérablement évolué avec l’avancée de la technologie. L’automatisation et les automates programmables sont maintenant présents dans l’industrie, comme dans l’habitat. Aujourd’hui, c’est au tour des réseaux de courants faibles (téléphonie, voix, données, images), déjà répandus dans le tertiaire, d’investir les logements. Dans la conception des installations, l’électricien doit veiller à ce que celles-ci respectent strictement le milieu écologique et mettre en oeuvre des solutions économiques à consommation éléctrique minimale.

Formation


Pour obtenir le C.A.T.P. (Certificat d’aptitude technique et professionnelle), il faut trois années de formation, après la 9e secondaire technique. Cette formation se compose d’une année de formation professionnelle initiale (école à temps plein) et de deux années de formation professionnelle sur base d’un contrat d’apprentissage en entreprise.
Les élèves qui n’ont pas accompli le niveau de 9e secondaire technique, mais qui font néanmoins preuve de capacités manuelles adéquates, peuvent obtenir le C.I.T.P. (Certificat d’Initiation Technique et Professionnelle) moyennant un apprentissage de deux années en entreprise sur base d’un contrat d’apprentissage. Après le CATP et trois années de pratique professionnelle dans la branche, le jeune électricien (âgé au minimum de 21 ans) peut viser le brevet de maîtrise afin de pouvoir s’installer à son compte.
Une formation supplémentaire est en voie d’élaboration et devrait être officialisée prochainement par le ministère de l’Education : la formation de TGA (Technische Gebäudeausrüstung), qui viendra en complément du CATP et qui portera sur la gestion des installations dans le contexte de grands bâtiments. L’APEL propose aussi un programme de différents cours sur des thèmes globaux. Enfin, les entreprises proposent souvent à leur personnel des formations spécialisées en fonction de leurs besoins propres.

Électricien - Roger Dhur
Roger Dhur règle un dispositif spécial de prise au plafond dans une salle d’école primaire.



Roger Duhr, président de l’Association des patrons électriciens du Grand-Duché de Luxembourg (APEL)



Comment se présente le secteur des entreprises d’électricité au Luxembourg ?
« Il existe 290 entreprises d’électricité, dont 210 sont membres de l’APEL. Le secteur emploie quelque 4.100 personnes, dont une bonne moitié sont des électriciens qualifiés. C’est un nombre qui va grandissant, car notre activité accompagne de près l’évolution de la construction. Les entreprises sont généralement de taille moyenne ou grande, avec un nombre conséquent de salariés. Les petites entreprises de deux ou trois personnes sont rares. »

Comment se caractérise le métier d’électricien ?
« C’est un métier très diversifié qui peut impliquer de travailler aussi bien dans un chantier de construction que dans des cadres plus high-tech. C’est un métier qui requiert le sens des responsabilités et beaucoup de conscience sur le plan de la sécurité. C’est un métier d’équipe, il faut savoir communiquer avec les autres membres de l’équipe et avec les corps de métier présents sur un chantier. »

Électricien
Actuellement, au Grand-Duché, il y a une demande relativement forte en électriciens qualifiés, tant en relation avec le bâtiment et la construction qu’avec les besoins des particuliers.

Le métier d’électricien, qui suppose de travailler dans des environnements les plus variés, peut s’avérer passionnant pour des jeunes qui ont envie de s’investir.
De quelle façon l’électricien doit-il accompagner l’évolution des technologies ?
« Il faut encore être bon en mathématiques et en physique pour devenir électricien. Même si les tournevis, perceuses et tronçonneuses font toujours partie de notre quotidien, les technologies et les outillages ont beaucoup changé au fil des ans, et il est vital de vouloir toujours apprendre, de suivre les évolutions des appareils et technologies, et d’accepter de changer certaines façons de travailler en fonction des besoins. Dans cette optique, la formation continue est indispensable. Aujourd’hui, beaucoup d’électriciens doivent avoir de bonnes connaissances informatiques pour pouvoir assurer la mise en route de certaines installations. Les installations de la domotique sont en pleine expansion, ce qui amplifie le domaine d’intervention de l’électricien. »
Y a-t-il une demande sur le marché pour des électriciens qualifiés ?
« Il y a environ trente apprentis par an qui obtiennent leur CATP ou CITP. Le problème est qu’un certain nombre de ces jeunes trouvent des places au sein des organismes étatiques ou communaux et que le secteur privé est moins irrigué en personnel qualifié. Il faut alors engager des frontaliers qualifiés pour assurer l’exécution des contrats.
Actuellement, au Grand-Duché, il y a une demande relativement forte en électriciens qualifiés, tant en relation avec le bâtiment et la construction qu’avec les besoins des particuliers. Les champs d’activité sont vastes, les technologies sont en constante évolution, l’informatique, la domotique, le boom des énergies renouvelables, tout cela dessine un paysage dans lequel l’électricien compétent a un rôle très important. Le métier d’électricien a certainement un bel avenir devant lui. »

Le métier attire-t-il les jeunes ?
« Je crains que les jeunes ne soient pas suffisamment dirigés au sein des écoles vers les métiers de l’artisanat. Trop souvent encore, on avantage l’image de l’emploi dans un bureau avec chemise et cravate, alors que des vocations techniques, industrielles et artisanales sont indispensables et source de satisfaction personnelle. Le métier d’électricien peut certainement interpeller un plus grand nombre de jeunes, garçons et filles. »



L’Association des patrons électriciens du Grand-Duché de Luxembourg (APEL)


Fondée en 1928, l’APEL compte actuellement quelque 210 membres. L’association a pour mission de servir de lien permanent entre ses membres et de développer l’esprit de l’honneur professionnel ainsi que de promouvoir la solidarité entre les ressortissants de la même profession ou des professions apparentées. L’association défend aussi, sur le plan national ou international, les intérêts communs professionnels, économiques et sociaux de ses membres et des métiers dont ils ressortent. Dans l’accomplissement de sa mission, l’APEL agit en étroite collaboration avec la Fédération des Artisans.

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