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Article publié le 24 août 2007 - Wunnen n° 2 - août - septembre 2007

24.08.2007

Quand l’acier refleurit

Commune de Differdange

Commune de Differdange


À Differdange, la nature est partout. Cela semble bizarre d’affirmer une chose pareille sur une ville si fortement associée à l’industrie lourde, mais c’est bien là ce qu’on ressent quand on se trouve sous ses cieux. Où que l’on regarde, on voit de la verdure, des parcs, des arbres, des jardinets, toute une ceinture verte qui encercle l’agglomération.

Certes, Differdange, troisième ville du Luxembourg, a longtemps été perçue, dans l’imagerie collective, comme une ville sidérurgique, grisâtre et froide. Cependant, depuis quelques années, responsables politiques et habitants sont occupés à donner un nouvel éclat à la ‘Cité du Fer’.
Plus que des mots-clés brandis comme des étendards, la culture, la jeunesse, l’environnement, la mobilité, se traduisent sur le terrain à travers une multitude de réalisations et d’activités.
Le ‘Diffbus’ gratuit relie toutes les demi-heures le centre-ville et les trois localités de Niederkorn, Oberkorn et Fousbann. Le relookage du centre-ville, avec notamment l’introduction d’une zone piétonne et le réaménagement du parc Gerlache, a redonné du punch aux activités commerciales, festives et culturelles. Dans tous les quartiers, les aires de jeux et les terrains multisports se sont multipliés. Tout un réseau de pistes cyclables et pédestres a été aménagé. De grandes manifestations, comme le ‘Blues Express’, ‘DiffArt’ ou le Marché de Noël, ont trouvé un écho populaire à l’échelle du pays et de la Grande Région. Pour les jeunes, on a créé la ‘Jugendkonschtwoch’, les conseils communaux pour enfants, la nouvelle Maison des jeunes. Un nouveau système de collecte d’ordures a été introduit, incitant fortement, du moins sur le plan financier, au triage des déchets. Et ainsi de suite, on n’en finit plus d’énumérer les initiatives prises par la municipalité afin de revitaliser la commune. On en viendrait presque à qualifier d’hyperactive cette ville si gourmande d’action et d’originalité, qui aime séduire et qui aime
qu’on l’aime.

Au commencement, il y avait le fer


Differdange sait qu’elle doit son statut de troisième grande ville du pays à son passé minier et sidérurgique. L’acier a forgé le caractère de la ville et des habitants. Même si la plupart n’ont pas travaillé dans les hauts-fourneaux, ils connaissent les valeurs de travail, de discipline et d’opiniâtreté symbolisées par le site d’Arcelor qui trône en plein coeur du bassin de la ville. Même si ce site n’occupe plus que quelque 800 travailleurs de l’acier au lieu des quelque 5.000 dans les années 1970, même si les hauts-fourneaux ont été remplacés depuis longtemps par des convertisseurs électriques, l’usine garde le statut de ‘mère nourricière’, porteuse de mémoire et d’avenir. Elle rappelle les trente glorieuses (le boom économique entre 1945 et 1974) ainsi que le crépuscule des années 1970, mais elle est aussi emblématique d’un nouvel essor lié à l’explosion actuelle de la demande de fer et d’acier. De nouveau, l’acier produit à Differdange charpente les constructions du monde entier. Par exemple, et c’est là un fait qui remplit de joie et d’orgueil les gens d’ici, vingt-sept poutrelles en acier géantes (‘Jumbo Beams’), produites et laminées dans l’usine Arcelor de Differdange, ont servi à ancrer et stabiliser les fondations sous terre du Freedom Tower, la nouvelle tour de 500 mètres de haut sur le site de l’ancien World Trade Center.
La soif de vivre, de travailler et de progresser de Differdange est reflétée dans les actes, projets et paroles de Claude Meisch, jeune bourgmestre à l’actif politique impressionnant, entré en fonction en 2002, réélu avec une écrasante majorité en octobre 2005, par ailleurs député à la Chambre et président du parti démocratique luxembourgeois.


Claude Meisch



« Une ville avec une personnalité et des ambitions »


Claude Meisch, député-bourgmestre de la commune de Differdange




Vous êtes-vous définitivement débarrassé de l’étiquette ‘Cité du fer’ ?
« Notre ambition n’était pas de nous ‘débarrasser’ de cette étiquette, mais de démontrer que Differdange, tout en étant une ville industrielle, est beaucoup d’autres choses encore. Nous sommes toujours fiers d’être la ville industrielle où les poutrelles Grey sont produites depuis des décennies, des poutrelles qui, par exemple, sont actuellement utilisées dans la construction du Freedom Tower à New York. Cependant, il est nécessaire de développer d’autres secteurs économiques, également très prometteurs. Je pense surtout au secteur tertiaire. Notre objectif est de pouvoir accueillir, dans 5 ou 10 ans, n’importe quel type d’entreprise et de pouvoir offrir n’importe quel type d’emploi à Differdange.
Il y a eu une époque où les gens affluaient chez nous pour venir travailler à l’usine. Après leur travail, ils rentraient chez eux dans le nord du pays ou dans la Grande Région. Aujourd’hui, on a perdu quelque peu ce rôle, c’est vrai. On risque de devenir une cité dortoir à la périphérie d’Esch-Belval ou de Luxembourg-Ville. Nous voulons contrecarrer cette tendance et faire en sorte que Differdange reste un centre dynamique. Selon les règles de l’aménagement du territoire, nous sommes définis comme centre d’attraction et de développement régional. Nous souhaitons remplir pleinement cette fonction et apparaître comme un acteur principal dans la région du sud qui est en train de se redéfinir pour mieux exploiter son immense potentiel. Nous pouvons très bien nous positionner de façon complémentaire au site d’Esch-Belval, en attirant sur notre territoire de nouvelles entreprises, dans le secteur tertiaire ou en relation avec le centre de recherche ou l’université. »

Commune de Differdange
De quelle façon l’habitat doit-il accompagner ces progrès économiques ?
« Differdange connaît, depuis presque 20 ans, une croissance démographique très importante. Il est à regretter que cette progression ne se soit pas faite avec plus de planification. Les transformations dans les différents quartiers se sont faites de façon presque sauvage. Les logements existants correspondant à des modes de vie passés (familles plus nombreuses, travail autour de la mine et de l’usine, absence de voiture), ils ont souvent été transformés en unités plus petites d’habitation. Des maisons qui auparavant abritaient une seule famille ont été subdivisées pour que 4 ou 5 familles puissent y habiter. Le jardin à l’avant ou à l’arrière de la maison a été supprimé pour faire place à un emplacement de voiture, etc. Ce n’est pas cette croissance-là que nous voulons encourager. Nous prônons une évolution démographique qui offre une qualité de vie pour les nouveaux citoyens et qui préserve la qualité de vie de ceux qui sont présents à Differdange depuis des années. »


Faut-il avantager selon vous les nouvelles constructions au détriment des anciens logements ?
« Il faut les deux. L’habitat doit être développé suivant deux modes parallèles, il faut, d’un côté, conserver et rénover l’ancien et, de l’autre côté, construire de nouveaux logements. Dans notre nouveau règlement des bâtisses, nous donnons quelques lignes directrices pour la rénovation de ces anciennes maisons dont Differdange regorge, qui datent du début du dernier siècle, et qui parfois sont plus vieilles encore. On peut citer à titre d’exemple les maisons qui composent les ‘colonies ouvrières’ à Oberkorn, ou encore les grandes maisons de maître datant du 19e siècle qui se trouvent dans le centre-ville.
L’objectif est de sauvegarder le caractère de ces bâtisses ainsi que celui des rues et quartiers qu’elles composent, tout en permettant de créer, à l’intérieur de leurs murs, une qualité de vie adaptée aux attentes modernes. Dans les prochaines années, nous nous proposons de fournir des conseils aux habitants qui désireraient transformer leur maison ancienne - créer une petite extension, bâtir un garage ou une véranda, etc. - sur la façon de le faire sans détruire le cachet de leur propriété. Differdange est certes une ville qui bouge, jeune, en développement perpétuel, mais elle a aussi besoin de l’authenticité et de la mémoire portées par ces anciennes maisons.
D’un autre côté, un certain nombre de nouveaux quartiers sont en train de se dessiner avec une architecture tout à fait moderne, parfois très originale, comme le projet 'Bei Woiwer' ou le plateau funiculaire. Ce qui est important, c’est de ne pas créer de nouveau quartier sans le relier avec les quartiers existants. Il faut intégrer le nouveau quartier dans le tissu de la ville, éviter à tout prix d’ériger des cloisons entre les anciens et les nouveaux habitants. Le plateau funiculaire sera exemplaire dans ce sens, car il fera la liaison entre trois localités qui jusqu’ici apparaissaient un peu désarticulées, Oberkorn, Fousbann et Differdange-Centre. »


Commune de Differdange

Nature et loisirs


Differdange regorge de lieux pittoresques où l’on peut plonger dans la nature, faire des randonnées, apprécier le patrimoine historique ou encore passer de bons moments en famille. Citons quelques ‘must’ parmi les plus séduisants: le parc Gerlache, le parc industriel et ferroviaire du Fond-de-Gras (à partir duquel on peut voyager dans le temps avec le ‘Train 1900’ et le ‘Minièresbunn’), le village minier de Lasauvage, le site archéologique du Titelberg, le parc Grouwen, d’où on a une vue panoramique sur la ville, la réserve naturelle ‘Prënzebierg- Giele Botter’ (photo), le complexe sportif d’Oberkorn et bien sûr sa célèbre piscine en plein air.

Quels ont été les pôles d’investissement en matière d’infrastructures?
« Face à l’augmentation de la population qui s’est produite de façon quelque peu inattendue, les infrastructures n’ont plus suffi à la demande, notamment dans le domaine scolaire. Nous avons par conséquent beaucoup investi, ces dernières années, dans la création de nouvelles salles de classe. Pour la rentrée 2007/2008, nous inaugurons 8 salles de classe supplémentaires dans le bâtiment Woiwer au Fousbann. En cinq ans, nous avons créé 43 nouvelles salles de classe dans la commune. Suite à l’incendie qui a détruit le grenier de l’Ecole des Garçons à Oberkorn en juillet, nous envisageons d’aménager encore une fois quatre salles supplémentaires.
La rénovation des infrastructures routières est un autre point fort pour cette période de législature. On vient de refaire la rue de la Gare à Oberkorn; on est en train de rénover la rue de Hussigny à Differdange; les travaux commencent sur la route de Bascharage à Niederkorn; on est en train d’élaborer un plan définitif pour la rénovation de la rue Woiwer, entre le Fousbann et Oberkorn. La priorité reste la rénovation des infrastructures qu’on ne voit pas, celles qui sont souterraines et qui sont souvent dans un très mauvais état, puisqu’elles n’ont fait l’objet d’aucun investissement depuis des décennies. Une ville en croissance nous oblige aussi à repenser la circulation, la mobilité, la séparation des activités de travail, d’habitation, de loisirs, de culture. On ne peut pas connaître une croissance sans chercher à s’adapter à la nouvelle masse critique qui sera présente dans quelques années. »

Comment accueillez-vous les mesures prévues dans le projet de loi pour la promotion de l’habitat, le ‘pacte logement’?
« En tant que bourgmestre, je peux vous répondre que la Commune de Differdange est certainement intéressée de conclure ce pacte logement avec le ministère. Il est clair qu’en termes d’objectifs de croissance et de planification d’habitat, nous remplissons toutes les conditions pour bénéficier de l’apport financier de l’État destiné à compenser nos dépenses en infrastructures et équipements publics.
En tant que député et président du parti démocratique, il me semble que certaines mesures prévues dans le projet de loi seront contre-productives. Ainsi, octroyer des moyens à l’État et aux communes de constituer de nouvelles réserves foncières dans la conjoncture actuelle de hausse des prix, c’est augmenter une fois encore le nombre et le pouvoir d’achat des demandeurs de terrains et provoquer un nouveau renchérissement du marché. En ce qui concerne le droit de préemption, il risque d’accroître les difficultés des promoteurs privés à accéder aux terrains. Or, on sait très bien que c’est le secteur privé qui construit le plus de logements et avec une vitesse bien plus grande que le secteur public. Je reste sceptique aussi par rapport aux mesures fiscales en faveur de ceux qui vendent leurs terrains à l’État ou à une commune. Cette disposition incitera les promoteurs privés à payer encore plus au vendeur pour disposer de terrains – c’est leur matériau brut pour réaliser des projets. Je ne crois pas que ce facteur ait pour effet une réduction du prix de la construction et de la vente de logements.
À mon avis, le plus important, c’est de construire plus, et c’est ce qu’on fait ici à Differdange. On encourage autant que possible les promoteurs privés et les promoteurs publics à mettre en chantier de nouveaux projets, afin de répondre à la demande croissante en unités de logement. Il faut aussi assouplir les procédures, et non les rendre encore plus complexes comme on l’a fait à travers la loi de 2004, ceci afin de permettre aux promoteurs de faire avancer leurs lotissements. Tout cela pourrait conduire à une augmentation de la création de logements sur le marché, ce qui aurait comme effet de calmer quelque peu les prix. »



Commune de Differdange

Alliage réussi entre l’ancien et le nouveau


L’extension de l’école des Garçons, rue Emile Mark, a donné lieu à l’adjonction à l’ancien bâtiment d’une nouvelle structure à l’architecture résolument originale. Ce projet illustre la façon dont la Commune de Differdange s’engage à fond dans la modernité tout en revalorisant son patrimoine.



Posez-vous des conditions particulières aux promoteurs privés pour leurs lotissements?
« Le premier point que nous leur demandons de prendre en compte, c’est le facteur qualité de vie, pour les nouveaux habitants comme pour ceux des alentours. Un deuxième point qu’on met toujours en exergue, c’est que nous souhaitons une mixité d’habitation dans les quartiers. Le lotissement doit prévoir une diversité de biens - des studios et des appartements de différentes tailles, des duplex, des maisons en bande, des maisons jumelées, des maisons isolées - , ceci afin de ne pas créer un quartier trop caractérisé par une certaine catégorie sociale.
Au niveau de la construction, on encourage la bonne isolation ainsi que l’utilisation d’énergies renouvelables ou de méthodes d’énergie plus performantes. La plupart du temps, même si nos idées ou revendications n’ont pas le poids d’un règlement, puisqu’elles ne sont pas inscrites dans le règlement des bâtisses, nous trouvons un arrangement avec le promoteur privé, également en ce qui concerne la conservation de la façade originale d’un immeuble. »

Où en est le projet de réaménagement des friches industrielles du plateau funiculaire?
« Le PAG et le PAP ont été approuvés récemment par le ministre de l’Intérieur. Le promoteur privé peut désormais amorcer le chantier, en commençant par l’assainissement du terrain pour lequel la procédure commodo/incommodo est déjà réalisée.
Les travaux d’assainissement vont probablement démarrer en septembre. Viendront ensuite les travaux pour les premières infrastructures publiques, les routes, etc. Le premier grand projet qui devra sortir de la terre, ce sera le centre commercial au bord du rond-point Emile Mark. Ce nouveau complexe situé en plein centre-ville amènera un grand changement dans la configuration urbaine. Il représentera une impulsion commerciale importante, qui permettra d’enrayer la fuite du pouvoir d’achat d’une partie de la population en direction des grandes surfaces situées dans les communes voisines. Le projet du plateau funiculaire comporte aussi la création de quelque 500 unités de logement. Le projet sera réalisé en différentes phases, étalées sur une durée de 10 ans. Le nouveau lycée, dont l’État a récemment annoncé la construction, se situera également sur le plateau funiculaire, sur un grand terrain de 2,5 hectares derrière le Hall ‘La Chiers’. La concrétisation de ce lycée est très importante, la population le réclame depuis 40 ans. En effet, depuis toujours, Differdange perd chaque jour sa jeunesse qui, au-delà de la 6e année scolaire, est obligée de poursuivre ses études secondaires dans une autre localité. L’implantation du nouveau lycée enclenchera un tout nouveau dynamisme pour notre commune. »

Commune de Differdange
Differdange dispose-t-elle encore de beaucoup d’espaces à bâtir ?
« Le périmètre actuel de notre PAG permet la création de logements pour quelque 5.000 à 6.000 habitants supplémentaires. Selon nos projections, nous aurons une croissance de la population d’environ 15% dans les 10 années à venir et de 25% dans les 15 années prochaines. Cependant, Differdange ne dispose pas de beaucoup de réserves en terrains constructibles. Même si notre commune est vaste en termes de surface, il ne faut pas oublier qu’une grande partie du territoire est occupée par l’industrie. Les quartiers d’habitation sont coincés entre l’industrie et le bord de la montagne dont la topographie ne permet pas qu’on y réalise des constructions. Nous n’envisageons pas non plus de construire sur le haut plateau, qui est réservé aux zones vertes. Nous sommes fiers de ces zones vertes qui sont le pendant de l’urbanisation, des quartiers très denses et de l’industrie. De l’autre côté, notre territoire est clos par les limites des autres communes, Sanem, Soleuvre, Bascharage ou Pétange. Pour ces raisons, je ne crois pas que Differdange ait le potentiel d’aller au-delà des 30.000 habitants. »



Commune de Differdange

Souffle jeune sur la ville


Depuis quelques années, la Ville de Differdange multiplie les initiatives à l’intention des jeunes, comme la création d’un ‘Point Information Jeunes’ (PIJ) dans le pavillon du parc Gerlache (photo). Les jeunes sont vus comme une force vive qu’il faut encourager à participer aux activités de la ville et à réfléchir aux grandes questions d’avenir. La ‘Jugendkonschtwoch’ (semaine des jeunes artistes), les conseils communaux des enfants, les différentes activités de loisirs proposées pendant les vacances sont autant de façons de permettre aux jeunes de s’exprimer et de développer leur sens critique.



Quelle importance la Commune accorde-t-elle à son patrimoine architectural ?
« Les bâtiments publics, comme l’ancien Hôtel de Ville, les églises, la nouvelle Mairie, les écoles, sont l’expression de leur temps. Ils doivent être conservés pour leur valeur historique tout en étant adaptés à un fonctionnement moderne. Les extensions des écoles à Differdange et Niederkorn ont ainsi mélangé de façon très intéressante l’architecture originelle avec des éléments plus contemporains. Quant au projet de transformation de l’ancien Hôtel de Ville en centre culturel, seule la façade sera préservée, tout le reste consistera en une conception futuriste très originale.
En ce qui concerne les bâtiments nouveaux, il est important de laisser se déployer une architecture contemporaine, parce qu’elle représente un document, une empreinte de notre époque qui sera valorisée par les générations futures.
Quant aux anciennes maisons privées, comme je l’ai expliqué précédemment, il est important de conserver leur valeur historique – souvent il s’agit de leur façade – et de donner la possibilité aux habitants de se créer une nouvelle qualité de vie, derrière leurs anciens murs.
Lasauvage par exemple a fait l’objet de nombreux investissements, tant de la part de la commune que des habitants, et elle est devenue un site pittoresque en plein cœur de la nature, un centre pour tourisme doux, très apprécié de nombreux visiteurs. »

Le respect de l’environnement, en matière d’aménagement de territoire et de lotissements, est-il une priorité pour vous ?
« Les considérations environnementales sont très importantes dans chaque lotissement réalisé. Nous voulons qu’il y ait des espaces verts dans les quartiers existants et nouveaux. Certains projets d’habitation, comme ceux du plateau funiculaire ou de la rue Pierre Gansen à Niederkorn, sont mis en liaison avec le projet de la renaturation de la Chiers. Dans les quartiers existants, il reste beaucoup de choses à faire pour créer encore plus de zones vertes, des aires de jeux, des arbres. Nous voulons développer par exemple le réseau de sentiers pédestres et cyclables qui relie les agglomérations aux espaces naturels. Il est vrai que, quel que soit l’endroit où l’on habite à Differdange, on peut à tout moment atteindre, en marchant quelques centaines de mètres, des espaces verts, des bois, des forêts à flanc de colline ou des sites préservés. Il nous semble important de créer des passages encore plus directs entre les quartiers d’habitation et la nature. Tout cela joue un rôle au niveau de la régulation du microclimat. Dans cette optique également, nous avons décidé, dans le cadre du Centenaire, de planter 2007 arbres à travers toute la commune. »

Quels sont les objectifs de la Commune en matière de politique sociale et familiale ?
« Dans presque tous les quartiers, nous avons établi des maisons relais et multiplié leur capacité d’accueil. Nous souhaitons aussi élargir l’offre au niveau du précoce, parce que nous considérons que celui-ci apporte un très bon bagage en luxembourgeois aux enfants issus des milieux culturels les plus divers.
Au niveau de la politique sociale, l’intégration est un sujet très important pour une ville comme Differdange qui compte un taux d’étrangers de plus de 50%. Il y a beaucoup de familles pauvres qui vivent dans notre commune. Notre région est frappée par un changement structurel, un passage de l’industrie vers le secteur tertiaire, vers les technologies de l’information, etc. Malheureusement, tout le monde n’est pas armé pour faire face à ces bouleversements. Le chômage est plus élevé ici qu’ailleurs. On essaye en tant que ville de réagir à cette situation. On a créé le service à l’égalité des chances ainsi que le Job-Center et on a introduit, conjointement avec la dernière hausse des taxes communales, une allocation de vie généralisée en faveur de toutes les familles qui gagnent moins de 2.000 euros par mois.
Nous avons une bonne collaboration avec le Fonds du logement qui réalise régulièrement des projets sur notre territoire, et nous sommes en train d’élaborer quelques idées pour de nouveaux logements sociaux, en recourant à certains instruments, tel le bail emphytéotique, qui rendront plus accessible l’acquisition d’une habitation. Nous sommes aussi membre et actionnaire de la Société nationale pour l’habitation à bon marché qui a déjà réalisé une série de projets à Differdange. »

Commune de Differdange
Dolce Farniente
Quand il fait beau, le parc Gerlache, situé en plein centre ville, invite à la promenade et à la détente.
Comment aidez-vous les personnes âgées à se sentir valorisées et utiles ?
« D’abord, il faut dire que devenir vieux aujourd’hui, ça n’a plus le même sens qu’autrefois. De nos jours, les gens de 60, 70, 75 ans, continuent d’avoir une vie sociale, culturelle, associative. Ils ne restent pas à l’écart, enfermés chez eux, ils continuent de rencontrer du monde, de voyager et de participer aux activités de la collectivité. Nous sommes très contents que le Club Senior vienne s’installer en plein centre ville tout près du parc Gerlache. Ses installations se trouvaient jusqu’ici dans la maison de retraite à Niederkorn. Dans le centre-ville, les visiteurs du Club seront aux premières loges de l’activité culturelle, commerciale, sportive de la ville. »
La part importante des étrangers dans la population : considérez-vous qu’il y a un risque de ‘ghettoïsation’ de certaines rues ou quartiers ?
« Chacun a ses propres habitudes, ses traditions, sa culture. Je crains que l’on doive effectivement déjà parler de ghettos en relation avec certaines rues et quartiers. On constate que les communautés très souvent ne vivent pas l’une avec l’autre, mais l’une à côté de l’autre.
La promotion de la mixité dans les quartiers peut jouer un rôle. Très souvent dans le passé, les immigrés se sont installés dans une rue ou un quartier parce qu’ils ont pu y acquérir des logements à des prix accessibles, qu’ils ont rénovés par la suite. La conséquence a été que beaucoup de ressortissants d’une même communauté se sont retrouvés en train de vivre au même endroit.
Je crois qu’une politique des bâtisses plus attentive à la mixité dans les quartiers peut éviter qu’il ne se forme une concentration catégorielle trop accentuée. Cependant, il ne faut rien exagérer. On constate certes qu’il y a des discussions, qu’il subsiste une certaine différence de mentalité, que le dialogue ou les rencontres pourraient être plus riches, mais d’un autre côté, pour une ville avec plus de 50% d’étrangers et 80 nationalités différentes sur son territoire, on n’a pas véritablement de grands problèmes. On ne peut pas dire que l’intégration ait complètement échoué. Il reste des efforts à faire de tous les côtés, également du côté politique. On ne peut pas se limiter à organiser des manifestations symboliques comme le ‘Week-end des cultures’, il faut aller au plus profond des choses et, par exemple, donner une voix politique aux non Luxembourgeois. »

Le Centenaire du titre de ville : quelles réflexions cette célébration suscite-t-elle en vous sur le passé, le présent et l’avenir de Differdange ?
« Nous souhaitons que le Centenaire soit une célébration ressentie et partagée par toute la population. Bien sûr, il faut fêter. Bien sûr il faut regarder en arrière, relire notre histoire, comprendre les raisons de notre présence ici. Mais il faut aussi que nous fassions des projections sur l’avenir de notre ville, sur la meilleure façon de positionner Differdange sur le plan national et celui de la Grande Région en tant que ville dynamique, en tant que ville qui a une personnalité et des ambitions. C’est ce message aussi que nous désirons communiquer à travers les différentes manifestations du Centenaire, les publications, expositions et concerts. Le Centenaire sera une occasion pour la ville de mieux se connaître et de mieux se faire connaître au-delà de ses frontières, telle qu’elle est actuellement. »



Commune de Differdange

Le Centenaire


Les festivités du centenaire de Differdange se déroulent du 4 août 2007 au 3 août 2008. Fêtes populaires, expositions, livres et DVD, festivals (‘Diffwinds’, ‘DiffArt’, ‘50’s Revival’) et concerts : le programme du centenaire est gargantuesque. À noter en particulier les spectacles prévus en été 2008 dans l’Aréna du Centenaire, une grande scène de spectacles installée dans le stade Jos Haupert à Niederkorn : sont pressentis des artistes comme Nelly Furtado, Francis Cabrel, Johnny Halliday, Eros Ramazotti, Jamiroquai, Placido Domingo, Deep Purple, Montserrat Caballé.
Le programme complet des manifestations est disponible sur les sites www.differdange.lu et centenaire.differdange.lu Il est aussi possible de contacter directement le service culturel (Tél. 58 40 34-1).
Magazine Wunnen
www.wunnen-mag.lu | info@wunnen-mag.lu