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Article publié le 30 mars 2010 - Wunnen n° 18 - avril-mai 2010

07.05.2010

Un jeu universel pour le pavillon luxembourgeois

12e Biennale d’architecture de Venise

12e Biennale d’architecture de Venise
On connaît depuis peu quelle sera la contribution luxembourgeoise à la prochaine Biennale d’architecture de Venise, qui se tiendra du 29 août au 21 novembre 2010 et qui aura comme thème général « People meet in architecture ». C’est le groupe KadapaK and guests qui a remporté le concours organisé par la Fondation d’architecture et d’ingénierie (Fondarch), avec son projet intitulé « Pierre-papier-ciseaux ». Jusqu’en août, les membres du collectif vont s’atteler à la mise en œuvre de l’exposition qui sera installée au « Ca'del Duca », sur le Grand Canal.

Un premier concours


Il s’agira de la quatrième participation consécutive du Luxembourg à la Biennale. Comme pour les éditions précédentes, l’organisation du pavillon luxembourgeois est confiée à la Fondarch, commanditée par le ministère de la Culture. Mais c’est la première fois que le concept de l’exposition est déterminé sur base d’un concours officiel. Auparavant, c’était le commissaire-curateur, épaulé par ses co-curateurs, qui définissait une présentation en accord avec le thème de la Mostra. La Fondarch se montre très satisfaite de l’écho rencontré par cette première formule : malgré le délai très court de l’appel d’offres – lancé en janvier avec un délai fixé au 1er mars -, une douzaine de dossiers ont été déposés. Un intérêt qui est d’autant plus appréciable au vu de l’investissement en temps et énergie que supposera la réalisation de l’exposition jusqu’au mois d’août.
Pour Tatiana Fabeck, l’un des membres du jury qui a sélectionné le projet lauréat, « la proposition de KadapaK s’est démarquée par son originalité, sa liberté de ton et la place qu’elle accorde à la perception humaine. C’est un projet sensible, poétique, qui ne se pose pas en donneur de leçons et qui offre une vision très saine de l’architecture, en se focalisant sur l’être humain, l’être physique, avec ses émotions et son ressenti. Par ailleurs, nous avons apprécié le fait que le projet soit développé par un groupement de personnes issues d’horizons différents ».

Visiteurs : intervenez !


KadapaK* and guests réunit des professionnels de l’architecture, de l’urbanisme, du paysage et des arts. Créée récemment, la structure se veut souple et prétend accueillir différents contributeurs en fonction des différents types d’actions engagées. Le projet pour la Biennale de Venise associe quatre personnalités : Pierre-Yves Etienne, Joëlle Tanson, Jean-Paul Tournay et Alice Verlaine.
Le concept « Pierre-papier-ciseaux » est basé sur le jeu connu de tous et dont le nom, comme par coïncidence, fait référence aux outils de la création et de la réalisation architecturales. Le jeu fait intervenir des rapports de force entre différents éléments, la pierre, le papier et les ciseaux, dont la confrontation conduit, soit à leur victoire, soit à leur destruction. En partant de ce motif très fort visuellement, KadapaK souhaite créer un dispositif qui aura pour but de susciter et de cristalliser des interrogations sur le sens, les limites et les possibilités de l’architecture d’aujourd’hui.
Le projet prévoit six installations qui illustreront les différents contextes dans lesquels s’effectue la pratique architecturale contemporaine, avec leur ambivalence et leurs rapports de force certains. Plusieurs thématiques seront traversées : le contexte culturel, le paysage de la consommation, le cycle des choses, les échéances et déchéances, les notions de pérennité, d’éphémérité, la valeur de l’espace confrontée à la place et à l’échelle de l’homme, les dimensions du quotidien,… La scénographie aura pour objectif d’agencer un lieu spécifique propice à l’expérimentation et au débat. Un lieu d’évocation, dans lequel le visiteur sera mis en situation par rapport à différents éléments qui feront résonner en lui des émotions et des questionnements.  
Le pavillon invitera le visiteur à intervenir, à laisser, sous diverses formes, une mémoire de son passage et de ses idées : il pourra rester, toucher, utiliser, déplacer, emporter, ajouter, abandonner, marquer, créer, etc.
Sur la forme concrète que prendront ces installations, KadapaK veut ménager le suspense. Le mystère et la surprise font partie du procédé de mise en scène et misent sur la participation du public.

Un îlot de repos et de réflexion


La Fondarch a enregistré beaucoup de commentaires positifs au sujet de l’exposition précédente « Points of view. 4 questions. 44 answers. » Le projet de KadapaK, sans répéter en aucune manière la formule, semble s’inscrire dans une même volonté de simplicité et d’interrogation. De prendre le contre-pied en quelque sorte de la surenchère des effets spéciaux dans les grands pavillons de l’Arsenale et des Giardini. Magnifiquement logé dans un ancien palais vénitien, le pavillon luxembourgeois surgit comme un îlot de repos et de réflexion au milieu d’une somme d’installations complexes et boursouflées. Il se situe en outre sur un itinéraire qui relie les pavillons également excentrés d’autres petits pays et qui attire un grand nombre de visiteurs et connaisseurs.

www.fondarch.lu
* KadapaK est le nom commun du carton formé d'une feuille de mousse rigide collée entre deux feuilles très minces de carton couché. Encore appelé carton plume ou carton mousse, léger et rigide, se découpant aisément, il est généralement utilisé, en architecture, pour la réalisation de maquettes pour servir de support de présentation.
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