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06.03.2017

Conférence à la Maison du Savoir

Qu’est-ce que l’architecture et à quoi ça sert ? - Prof. Dr. Florian Hertweck


Prof. Dr Florian Hertweck
Mercredi 1er mars, j’ai assisté à la conférence du Prof. Dr. Florian Hertweck intitulée “Qu’est-ce que l’architecture et à quoi ça sert ?”. La conférence s’est déroulée dans la Maison du Savoir à Belval et marquait le lancement du Master in Architecture - European Urbanisation and Globalisation, qui accueillera ses premiers étudiants dès la prochaine rentrée en septembre 2017. Florian Hertweck est architecte, professeur en architecture et directeur des études de ce nouveau master.
En vrai pédagogue, Florian Hertweck a donné à son exposé une structure bien charpentée et un rythme soutenu, sans temps mort, s’appuyant à la fois sur un langage clair et direct, et sur un très grand nombre d’illustrations et de photos sur grand écran.
La première partie de la conférence a offert un large panorama de l’histoire de l’architecture – de Vitruve à Robert Venturi, en passant par Alberti, Blondel, Perrault, Boullée, Ledoux, Durand, Loos, Le Corbusier, Mies van der Rohe, Philip Johnson et John Burgee, Florian Hertweck a passé en revue les idées et préceptes qui se sont cristallisés autour du geste architectural. Au fil des siècles l’architecture a connu des cycles qui se répètent, selon un mouvement oscillant entre simplicité et ornement, rationalité et subjectivité, technologie et inventivité.
J’ai noté plein de phrases et d’idées que j’ai trouvées dignes d’intérêt. En voici quelques exemples :
Pour Vitruve, l’architecture est située à l’intersection de la science, de l’art et de l’artisanat. Il disait aussi : « Il y a architecture s’il y a firmitas (solidité), utilitas (utilité) et venustas (beauté). »
Boullée et Ledoux proclamaient : « Vous qui voulez devenir architecte, commencez par être peintre », soulignant ainsi la dimension poétique et créative de l’architecte.
Pour Adolf Loos, l’architecture n’a rien à voir avec l’art : ce qui est le plus important dans un objet ou un ouvrage, ce sont les matériaux, la forme et la fonction. « Le principe de beauté découle du principe d’économie et le principe d’économie du principe d’utilité qui dépend du besoin humain. »
Célèbre pour sa formule « Less is more », Mies van der Rohe était un chantre du fonctionnalisme et du rationalisme. Pour lui comme pour Le Corbusier, les formes doivent être simplifiées et un objet doit être utile avant tout. On peut viser une économie de moyens sans amoindrir la qualité de la fabrication.
A l’opposé de de Van der Rohe, Robert Venturi déclare « Less is a bore », car il estime que l’architecture en tant que reflet d’un monde complexe et contradictoire ne peut pas se réfugier et s’appauvrir dans l’épure et la monotonie.

Pour un imaginaire architectural réinventé

Pour Florian Hertweck, l’architectecture ne doit pas se couper des autres disciplines, ni de tous les courants qui irriguent la pensée humaine. Face aux défis complexes qui se posent au monde d’aujourd’hui, il est essentiel que les architectes contribuent, non seulement par leurs constructions, mais aussi par leurs idées, à la réflexion sociétale, économique et politique. Dans cette perspective, Florian Hertweck a plaidé pour (1) « un fonctionnalisme hétérogène et jouissif », (2) « une architecture de réenchantement territorial » et (3) « un imaginaire architectural qui fait débat ».
Les architectes doivent produire des projets et des images qui alimentent le débat public, qui soulèvent des questions et esquissent des solutions, rationnelles ou poétiques, et qui, avec peu ou beaucoup de moyens, transforment le banal en sublime.
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