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29.06.2012

Bauhärepräis 2012 : Récits de chantiers exemplaires

Les plus belles histoires d’amour entre maîtres d’ouvrage et concepteurs

Les plus belles histoires d’amour entre maîtres d’ouvrage et concepteurs
La cérémonie de remise des trophées du Bauhärepräis 2012 (BHP) s’est déroulée le 26 juin dans la salle prestigieuse du Cercle-Cité, devant une assistance de près de 600 personnes. 23 lauréats ont été distingués – maîtres d’ouvrage particuliers, publics, privés -, ainsi que 18 mentionnés.

Le Bauhärepräis est un concours quadriennal organisé par l’Ordre des architectes et ingénieurs-conseils (OAI) dans le but de récompenser des maîtres d’ouvrage privés et publics dont le projet bâti a fait valoir une architecture et une ingénierie de qualité.

Une grande visibilité

L’insistance de l’OAI à rappeler que « le Bauhärepräis n’est pas à confondre avec le prix d’architecture » est significative. Il s’agit ici, non pas de porter un regard ou un jugement sur le seul objet architectural, mais de souligner le rôle du commanditaire et la réussite d’une histoire relationnelle. Pour l’OAI, l’objectif du BHP est avant tout incitatif, et même pédagogique. Ce qui explique le grand nombre de catégories d’ouvrages et de projets récompensés. 41 distinctions attribuées parmi 224 candidats, cela veut dire que pratiquement 20 % des participants ont été mis à l’honneur. Les autres n’ont pas été jetés au placard pour autant : ils bénéficient d’une très grande visibilité grâce aux moyens mis en œuvre par l’OAI, notamment l’exposition monumentale au Ratskeller et la publication très soignée consacrée à l’événement. Le but de l’opération est donc, non pas simplement de donner à voir ce qui se fait actuellement au pays en matière d’architecture, mais de sensibiliser le public à la bonne pratique en matière de maîtrise d’ouvrage.

Aller au-delà de la belle image

Mais comment analyser, porter un jugement sur la réussite, l’excellence d’une aventure humaine, d’un concept qui se fait chantier, d’une construction qui s’étale sur plusieurs mois et qui engage une foule d’intervenants ? C’est sur la synthèse et une certaine forme de narration de toutes ces histoires que le jury a eu à se prononcer : les 224 projets candidats se sont tous soumis à un même format de présentation : un panneau de dimensions données, avec des photos, des plans ou dessins, un descriptif technique et trois questions répondues par les maîtres d’ouvrage. L’analyse du jury devait aller bien au-delà de la beauté ou de la virtuosité de l’ouvrage, il fallait considérer des paramètres plus subtils tels que « la collaboration entre le maître d’ouvrage et les concepteurs, le courage d’un parti architectural contemporain et rigoureux, le respect de la substance architecturale existante et de la nature environnante, l’impact positif sur un tissu urbanistique et social existant ou encore l’aménagement d’un espace public favorisant la communication et l’échange ».

Un succès croissant

Le Bauhärepräis en est à sa quatrième édition depuis son lancement en 2000. A chaque nouvelle manifestation, l’OAI constate un bond en avant. Ainsi, 224 projets ont participé au BHP 2012, contre 107 seulement en 2004. L’exposition au Ratskeller a attiré en moyenne 140 visiteurs par jour, avec un pic à 440 visiteurs. 23 lauréats et 18 mentionnés ont été récompensés. Le jury était composé de 13 personnalités issues des mondes de l’architecture, de la politique et de la culture. Enfin, le BHP a donné lieu à un clou événementiel, la remise des prix dans la grande salle du Cercle-Cité, où le 26 juin se sont tassés quelque 600 convives.

Une culture du bâti aux visages multiples

Première constatation : l’immense impact du BHP, au niveau de la profession, au niveau des maîtres d’ouvrage, au niveau du grand public en général. Un impact qui s’explique, d’une part, par le fait que la manifestation met en évidence, de façon claire et lisible, 224 réalisations engageant chacune un grand nombre de participants, et d’autre part, par l’intérêt croissant du grand public et des responsables politiques envers ce qu’il convient d’appeler la « culture du bâti ».
Deuxième constatation : l’extraordinaire diversité de la pratique architecturale au Grand-Duché. L’exposition du BHP montre ainsi qu’à côté des signatures connues et établies, se profilent de nombreux bureaux émergents ou de taille plus modeste, qui amènent des propositions de très grande rigueur ou poursuivent leur bonhomme de chemin. Cette richesse et cette diversité peuvent être imputées à différents facteurs : la dynamique de la demande, le fort pouvoir d’achat d’une partie de la population, particuliers, pouvoirs publics et acteurs privés, la recherche de qualité et de représentation de ces derniers, la sensibilisation du public au geste architectural … Les bâtis qui se sont exposés au BHP ne sont pas que de la « belle » architecture, ils répondent aussi à la volonté de leurs maîtres d’ouvrage de produire de la « bonne » architecture, et ceci sous plusieurs angles de vue. Les 224 bâtis de l’exposition condensent ainsi une multitude de styles, de techniques, de préoccupations propres à notre époque, à notre territoire, à notre histoire : recherche de l’optimisation énergétique, recherche de formes nouvelles, confrontation entre l’ancien et le nouveau optant ici pour la déchirure, ailleurs pour la consonance, jeux divers avec les règlements des bâtisses, synthèse du legs patrimonial et des inspirations contemporaines, voire globalisées… ce ne sont là que quelques réflexions que l’on peut avoir en feuilletant l’ouvrage édité par l’OAI sur le Bauhärepräis.

Attribution de bonnes notes

Le concours se veut comme une attribution de bonnes notes, une célébration du bon geste constructif et un encouragement à persister sur la bonne voie ; il s’agit de donner en partage des façons de faire remarquables et des récits de chantiers exemplaires. Les maîtres d’ouvrage futurs sont ainsi incités à « dépasser le stade d’une architecture purement fonctionnelle en vue d’assurer un renouveau culturel de notre cadre de vie ».
L’OAI se félicite d’avoir reçu « 260 inscriptions par des maîtres d’ouvrage satisfaits de leurs ouvrages ». Cet engouement pour le BHP pourrait aussi être interprété comme le signe d’une certaine évolution des esprits et des us et coutumes au Grand-Duché : alors qu’il y a une ou deux décennies, la règle était la discrétion et la préservation des sphères privées – en général, les maisons étaient plus fermées au sens physique -, la tendance aujourd’hui et depuis quelque temps va vers plus d’ouverture, plus de transparence, plus de représentation aussi. La nouvelle génération de bâtisseurs affiche une attitude plus décomplexée par rapport aux regards extérieurs, plus extrovertie, plus démonstrative.
Enfin, le Bauhärepräis, c’est aussi l’histoire des compromis nécessaires entre l’idéal créatif des concepteurs et les considérations plus terre-à-terre liées aux contraintes budgétaires et au déroulement du chantier avec ses imprévus, ses bonnes et mauvaises surprises, ses relations humaines.
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