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02.01.2008

Construire mieux et dépenser moins, aujourd’hui et demain

Construire mieux et dépenser moins, aujourd’hui et demain
Construire mieux et dépenser moins, aujourd’hui et demain
Construire mieux et dépenser moins, aujourd’hui et demain
Construire mieux et dépenser moins, aujourd’hui et demain
Construire mieux et dépenser moins, aujourd’hui et demain
Construire mieux et dépenser moins, aujourd’hui et demain
Construire mieux et dépenser moins, aujourd’hui et demain
Construire mieux et dépenser moins, aujourd’hui et demain
Développement durable : « un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».
Définition proposée en 1987 par le rapport Brundtland de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement
Le colloque organisé conjointement par Agora et le Moniteur le 30 novembre à Belval a permis de constater que les professionnels et les politiques luxembourgeois sont de plus en plus conscients de la nécessité de la construction durable face aux enjeux majeurs que constituent la raréfaction des énergies fossiles et la réduction des gaz à effet de serre.
La rencontre, qui s’est déroulée dans l’auditorium de la Dexia, était organisée conjointement par Agora, la société de développement en charge du site de Belval, et le Moniteur, groupe français d’informations et de services pour les acteurs publics et privés de la construction et des collectivités locales.
L’actualité du thème de ce colloque a attiré un grand nombre de professionnels du bâtiment, architectes, maîtres d’ouvrage, ingénieurs, entrepreneurs, responsables politiques, chercheurs. Le volontarisme des professionnels du bâtiment est louable, étant donné que la construction produit dans le monde 40% des émissions de CO2, consomme 40% des ressources naturelles et génère 40% du total des déchets.
La journée a fait se succéder sur la tribune une série d’orateurs qui ont abordé les trois grands volets suivants : les bâtiments tertiaires, le logement et les équipements publics.
Le colloque a suscité un foisonnement d’idées, de questionnements et d’informations, couvrant aussi bien les sujets les plus technologiques que les réflexions politiques et philosophiques. Une vision d’ensemble d’autant plus appréciable qu’intervenant à la veille de la prise en charge par le Luxembourg, à partir du 1er janvier 2008 et pendant une durée de 18 mois, de la présidence de la Grande Région.
Pour Vincent Delwiche, directeur d’Agora, le choix d’aborder la thématique du développement durable s’imposait, tant le site de Belval s’affirme de plus en plus comme un pôle d’excellence environnementale sur le plan européen.
L’idée de base du colloque était le dialogue entre les différents acteurs du bâtiment au sujet de l’éco-construction, car, comme l’a déclaré Olivier de la Chaise, directeur général adjoint du groupe Moniteur, « on ne construit rien sans se comprendre ».
Bureaux durables
Dans son exposé ‘Des cavernes à l’homme du futur’, Rolo Fütterer, masterplaner du site de Belval, du bureau Jo Coenen, Maastricht, a soulevé plusieurs interrogations au sujet de la gestion rationnelle du territoire. Kay Friedrichs, directeur de la société Heliograph de Aachen, a expliqué l’importance grandissante des programmes de simulation énergétique des bâtiments, qui permettent non seulement de mieux maîtriser les besoins en énergie, mais aussi d’évaluer le confort hygrothermique, visuel et acoustique.
Bruno Renders, directeur de l’IFSB, a présenté le nouveau bâtiment au Krakelshaff à Bettembourg, inauguré le 5 décembre, construit suivant des normes de qualité esthétique et technique très strictes et conçu pour servir de support pédagogique grandeur nature de l’ensemble des formations IFSB. Le Training Centre de l’IFSB est ainsi le premier bâtiment luxembourgeois classé A sur l’échelle de consommation énergétique.
Ralf Schmiede, de la société Drees & Sommer AG, a expliqué que le cliché de l’ecofreak a fait long feu et que face au défi du réchauffement climatique, les solutions d’énergies alternatives aux ressources fossiles deviennent de plus en plus accessibles, efficaces et rentables économiquement.

Vers un habitat durable généralisé
La construction durable concerne non seulement les entreprises mais aussi les particuliers qui sont de plus en plus encouragés à adopter une démarche d’habitat écologique, qu’il s’agisse de concevoir une maison bioclimatique de basse énergie avec des matériaux naturels
et sains, ou d’effectuer la réhabilitation écologique d’un bâtiment ancien.
Marc Giorgetti, directeur de l’entreprise Félix Giorgetti, a présenté le projet du ‘Domaine ALTENA’, à Esch-sur-Alzette, qui comprend en tout 18 maisons unifamiliales et 180 appartements, tous exécutés suivant le concept de basse consommation d’énergie ‘Eco-Gio’.
André de Herde, professeur à la Faculté des sciences appliquées, unité architecture, de l’Université de Louvain, a rappelé la définition classique du développement durable proposée en 1987 du rapport Brundtland de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement : « un développement qui satisfait les besoins du présent sans compromettre les besoins des générations futures », en intégrant aussi bien les aspects environnementaux, sociaux, économiques, que politiques.
Gunther Lang, directeur de la société IG Passiv Osterreich, a ensuite délivré un plaidoyer passionné pour la promotion de la maison passive auprès du grand public.

Equipements publics durables

Après un déjeuner à faible empreinte énergétique, l’après-midi a été consacrée à la thématique des équipements publics durables. Michael Scheuern, de l’Université de Luxembourg, a expliqué comment le développement durable a été le fil rouge de la conception architecturale, sociale et fonctionnelle de l’Université du Luxembourg à Belval.
Louis Weisgerber, du bureau Weisgerber Architecte SA, a présenté plusieurs bâtiments scolaires, parmi lesquels le projet de la nouvelle école primaire de Steinfort, qui répondent aux préceptes de la construction durable. Pour l’architecte, « c’est aux concepteurs, aux architectes, de convaincre les promoteurs, les maîtres d’ouvrage, les décideurs, de la nécessité et de l’opportunité d’une construction durable, même si celle-ci peut sembler plus coûteuse (de l’ordre de 5 à 25%) que la construction traditionnelle ».

Luxembourg et Grande Région
La table ronde finale, autour du thème ‘Luxembourg et Grande région : petite Europe en construction’, a réuni Romain Diederich (Conseiller de Gouvernement auprès du ministère de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire), Martin Lammar (président de l’Ordre des architectes et des ingénieurs), Bruno Théret (vice-président de Building and Construction – ArcelorMittal), Christian Thiry (président du groupement des entrepreneurs du Luxembourg), Roland Kuhn (président du groupement des artisans du Luxembourg) et Joseph Baustert, directeur général de Soludec.
Suivant Romain Diederich, le Luxembourg est aujourd’hui obligé de réfléchir en termes d’espace transfrontalier. Comme il est également établi que l’Europe de demain sera l’Europe des métropoles, il est essentiel de viser la création à terme d’une Grande Région qui fonctionnera comme une métropole transfrontalière, englobant une masse critique d’un million d’habitants, unifiée suivant des concepts de mobilité et de cohésion économique et sociale.
Martin Lammar a rappelé le caractère transfrontalier de la portée et des actions de l’OAI, dont plus de la moitié des membres vivent dans la Grande Région.
Bruno Théret a souligné que le groupe ArcelorMittal considère le bassin sidérurgique de la Grande Région comme un modèle de développement économique et social, et comme un véritable vivier expérimental de marché mature sur lequel il est possible d’élaborer des projets innovants. Christian Thiry a évoqué les obstacles administratifs et règlementaires qui ralentissent encore l’expansion des entreprises luxembourgeoises dans la Grande Région. Les ingénieurs travaillent dans une multiculture de normes et de règlements, et il n’est pas toujours facile de trouver les concordances entre les différents cadres règlementaires.
Pour Roland Kühn, les entrepreneurs luxembourgeois ont le savoir-faire et les compétences nécessaires pour déployer leurs activités sur une échelle grand-régionale.
Plusieurs questions importantes ont été soulevées : comment les concepteurs, les constructeurs, pourront-ils se positionner par rapport à la volonté des politiques de forger une métropole dans la Grande Région ? Comment le développement d’une telle Grande région ira-t-il de pair avec l’idée de développement durable ?
Pour Martin Lammar, la responsabilité des professionnels de la construction va bien au-delà de la responsabilité des politiques. Leur responsabilité morale est engagée vis-à-vis des utilisateurs, des clients, entreprises ou particuliers, qui travailleront et habiteront dans leurs réalisations. Dans cette perspective, les architectes et les constructeurs en général doivent se donner les moyens, les formations, les réflexions nécessaires pour produire le meilleur des résultats.
Magazine Wunnen
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