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07.07.2020

Bauhärepräis 2020 : un regard sur le tandem maître d’ouvrage/architecte

Bauhärepräis 2020 : un regard sur le tandem maître d?ouvrage/architecte
Pierre Hurt, directeur de l'OAI, Semiray Ahmedova et Lorenz Bräker
L’exposition « Bauhärepräis OAI 2020 » dans l’ancien Hôtel des Postes Aldringen permet de découvrir les 257 projets déposés pour la 6e édition de ce concours qui récompense les couples maître d’ouvrage-architecte les plus exemplaires.
Le Bauhärepräis ou prix du maître d’ouvrage a été lancé en l’an 2000 par l’Ordre des architectes et des ingénieurs-conseils (OAI). Organisé tous les quatre ans, il en est donc à sa sixième édition. L’objectif poursuivi par l’OAI est de "récompenser les maîtres d’ouvrage privés ou publics qui, à travers un projet abouti, sont parvenus à faire valoir une architecture, une ingénierie et un urbanisme de qualité au profit de notre cadre de vie." Plus que de qualité architecturale à proprement parler, il s’agit de mettre en valeur une relation de confiance entre le maître d’ouvrage et le concepteur.
Bauhärepräis 2020 : un regard sur le tandem maître d?ouvrage/architecte
Les 257 projets sont exposés sur un mur long de 17 m et haut de 2,80 m, composé d'un tissu réutilisable.
Le succès du BHP est allé grandissant depuis son lancement et il s’est encore confirmé pour cette 6e édition : un total de 257 candidatures ont été remises, ceci en dépit du contexte de la crise du Covid-19.
Lundi 6 juillet, ces candidatures ont été présentées au jury réuni en session plénière dans les locaux mêmes de l’Hôtel des Postes. Les réalisations pouvant concourir à ce BHP 2020 devaient être achevées après le 1er janvier 2016 et devaient avoir une relation avec le Luxembourg, soit par l’adresse de leur maître d’ouvrage, soit par leur implantation sur le territoire national.
Bauhärepräis 2020 : un regard sur le tandem maître d?ouvrage/architecte
L'exposition est le premier événement public à se dérouler dans l'ancien Hôtel des Postes depuis sa fermeture.
Le public est invité à découvrir les 257 projets candidats grâce à l’exposition pop-up qui restera en place dans l’Hôtel des Postes jusqu’au 5 octobre 2020. Cette exposition est complétée d’un espace biblio des livres édités par l’OAI.

Neuf catégories

Les projets sont répartis dans neuf catégories distinctes :
1. Logement individuel (construction, rénovation ou transformation),
2. Habitat collectif (construction, rénovation ou transformation),
3. Aménagement intérieur,
4. Bâtiment à vocation commerciale / artisanale / industrielle,
5. Bâtiment à vocation administrative / lieu de travail / santé,
6. Bâtiment à vocation éducative / culturelle / sportive,
7. Ouvrages d’art / infrastructures,
8. Aménagement du territoire / urbanisme / espaces paysagers,
9. Equipements techniques, énergétiques.
La remise des prix aura lieu le 21 septembre 2020, à 20h, à la Philharmonie Luxembourg. Par la même occasion, l’OAI célébrera 30 ans d’existence.

Un jury hétéroclite

Le jury international est totalement indépendant de l’organisateur. Il est composé de professionnels et d’acteurs de la scène politique et culturelle.
- Ivan Blasi (SP), coordinateur du Prix de l’UE pour l’Architecture contemporaine de la Fondation Mies van der Rohe (Barcelone),
- Lorenz Bräker (CH), architecte, Premier Vice-Président de l’Union internationale des architectes (UIA),
- Audrey De Smet (BE), architecte, Vice-Présidente du Conseil de l’Ordre des Architectes de la province de Luxembourg,
- Katharina Häuser (DE), Dipl.-Ing., Ingenieurkammer Rheinland-Pfalz,
- Christine Mörgen (DE), Dipl.-Ing., Beisitzer Ingenieurkammer des Saarlandes,
- Sophie Plotton (FR), architecte, Conseil régional de l’Ordre des Architectes Grand Est,
- Semiray Ahmedova (L), architecte, députée,
- Guy Hornick (L), maître d’ouvrage privé, lauréat 2016,
- Patrick Welter (L), journaliste, Représentant du Conseil de presse,
- Paul Nathan (L), Vice-Président de la Chambre des Métiers,
- Louis Oberhag (L), Vice-Président du Syvicol,
- Alex Reding (L), galeriste.
- Pierre Hurt, directeur de l’OAI, secrétaire du jury (sans droit de vote).

Le jury a aussi la possibilité d’octroyer des prix particuliers :
- Prix spécial du jury qui récompense son coup de cœur,
- Prix spécial courage du maître d’ouvrage qui salue le maître d’ouvrage ayant attribué une mission à un bureau jeune et/ou sans les références attendues,
- Prix spécial patrimoine qui met en avant une rénovation et/ou une réaffectation exemplaire d’un objet de notre patrimoine,
- Prix Spécial Rénovation énergétique exemplaire,
- Prix Spécial Nouvelle forme d’habitat,
- Prix Spécial Accessibilité.

Outre les lauréats désignés par le jury, des prix du public seront attribués par les internautes de wort.lu et de RTL.lu. Le public voting sur www.bhp.lu est ouvert depuis le 6 juillet 2020.

La responsabilité sociétale de l'acte de construire
Bauhärepräis 2020 : un regard sur le tandem maître d?ouvrage/architecte
Pierre Hurt, directeur de l'OAI

Pierre Hurt, directeur de l’OAI : « Qui construit, construit pour tous ! L’un des objectifs principaux de ce prix est de sensibiliser le public à la richesse et la vitalité du paysage bâti au Luxembourg. Le dynamisme des professions de l’OAI, combiné à la volonté des maîtres d’ouvrage, permet de développer notre environnement bâti de manière intelligente et durable. Le maître d’ouvrage a tout intérêt à partager sa responsabilité sociétale en collaborant en confiance avec des concepteurs qualifiés et indépendants. Au Grand-Duché, nous avons la chance d’une grande mixité culturelle, permettant l’expression de maîtres d’ouvrage de tous les horizons, luxembourgeois, portugais, français, allemands, anglais, etc. Le panneau de 257 projets soumis au BHP est un formidable reflet de ce brassage culturel et apporte sa pierre à la construction de l’édifice que constitue le vivre-ensemble. »
Bauhärepräis 2020 : un regard sur le tandem maître d?ouvrage/architecte
L'ancien Hôtel des Postes: un point d'ancrage dans la ville

Le choix symbolique de l’Hôtel des Postes

Lors de sa présentation, Pierre Hurt a également souligné combien le choix de l’Hôtel des Postes Aldringen est de nature à décupler la visibilité de l’exposition BHP.
« Ce bâtiment prestigieux, en attente d’une nouvelle vie, cristallise beaucoup de thématiques qui irriguent la discussion actuelle autour de la construction : préservation du patrimoine, logement, économie circulaire, considérations environnementales, dynamisation du centre-ville… Son ancrage au cœur de la capitale et son ouverture pour cette exposition pop-up attireront certainement un public nombreux et diversifié. Notre souhait est que l’exposition puisse alimenter le débat public et citoyen, qu’elle puisse inciter les visiteurs à réfléchir sur ces questions et à exprimer leurs points de vue. »
Bauhärepräis 2020 : un regard sur le tandem maître d?ouvrage/architecte
Lorenz Bräker et Semiray Ahmedova, les deux co-présidents du jury

Bref entretien avec Semiray Ahmedova, co-présidente, et Lorenz Bräker, co-président du jury

Wunnen : 257 projets ont été soumis au jury du BHP 2020 : qu’est-ce que cela raconte sur l’architecture actuelle au Luxembourg ?
Semiray Ahmedova : Chaque projet raconte une histoire. Et chaque observateur, selon sa sensibilité ou son bagage, y lit une autre histoire. C’est l’aspect que j’ai trouvé très intéressant au niveau de ce jury. Dans chaque réalisation, on peut lire comment le maître d’ouvrage a vécu la construction de son projet. On se rend compte de l’importance que chacun a accordé à atteindre un idéal de qualité de vie, qu’il s’agisse d’une maison individuelle, d’un bâtiment public ou d’espaces urbains. Dans presque tous les projets, on retrouve aussi, comme une ligne conductrice, la recherche de l’impact social et environnemental.
Lorenz Bräker : Il me semble que des prix comme le BHP ne sont pas forcément représentatifs, ni de la production, ni de la qualité de l’architecture. Il y a là surtout le miroir des bonnes expériences vécues par les maîtres d’ouvrages. Ce qui est extrêmement positif. Une relation humaine est saluée. On parle de culture du bâti, qui n’englobe pas uniquement l’architecture, mais bien d’autres aspects. Comme disait Alberti à son époque : l’architecte ne fait rien de bien s’il n’a pas un maître d’ouvrage qui est partant, qui a les bonnes intentions. Il faut que ce binôme maître d’ouvrage/concepteur soit juste, qu’il fonctionne, en harmonie également avec toute l’équipe. Ce genre de concours est très intéressant également car il constitue une empreinte dans le temps, il alimente l’historique d’une société par rapport à ce qu’elle produit comme environnement construit.
Wunnen : 12 personnalités, issues de différents horizons, comment est-il possible de se mettre d’accord ?
Semiray Ahmedova : Il y des timings à respecter, parce que l’ordre du jour est assez conséquent, et cela nous oblige à arriver à des consensus. Les discussions sont intenses et passionnantes. C’est enrichissant de se voir confronté à tellement de points de vue différents. On vient de pays, de cultures et de disciplines différentes. Il y a là une variété de regards, qui nous permettent à tous d’enrichir notre compréhension d’un même projet. Bravo pour cette initiative de composer un jury avec des profils aussi diversifiés !
Wunnen : Que pensez-vous du choix de l’ancien Hôtel des Postes pour la mise en place de l’exposition  ?
Semiray Ahmedova : Pour moi, ce bâtiment est le signal urbain par excellence. Par ses perspectives, par son histoire, par son histoire, il a toujours marqué de façon indélébile le centre-ville, et il fait partie définitivement du patrimoine luxembourgeois. Le fait d’y avoir placé l’exposition du BHP et d’avoir invité le jury à délibérer dans son enceinte est un geste symbolique fort. Une façon d’inviter à la discussion, tant ce bâtiment cristallise des émotions et des histoires. De plus, cette exposition liée à l’architecture est le premier événement public à s’y dérouler depuis la fermeture. C’est donc là une façon de lui redonner de la vie, en attendant d’en savoir davantage sur sa future réaffectation.
Magazine Wunnen
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